Auto-édition, imaginaire, Mangas, seinen

Red Flower Stories – Loui

Ce manga contient des scènes de combat, une menace extérieure pesant sur un peuple pacifiste, ainsi que des enjeux liés au passage à l’âge adulte et à la confrontation à la violence.

Le jeune Kéli ne rêve que d’une chose : devenir un grand guerrier de sa tribu, mais il ignore que le destin lui réserve bien plus encore ! Car, coupé du monde, au milieu de la jungle, nul ne se doute que l’arrivée d’un ennemi mystérieux sur l’île menace un terme à la vie pacifiste du peuple Bao’re.

Red Flower Stories est présenté et commenté par Anansi, une sorte d’araignée apparaissant sous les traits d’un homme, et l’un des personnages les plus importants du folklore d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes. L’histoire est ensuite divisée en plusieurs parties, chacune racontant un moment de vie du peuple Bao’re, dans un village à l’imaginaire tropical.

À travers des dessins maîtrisés, le récit dévoile le quotidien et les traditions de ses habitant.e.s. Le premier chapitre commence avec deux jeunes de la tribu : Kéli, plein d’énergie et assez impulsif, contrairement à son ami, plus calme et sensible. Tous deux traversent une période importante de leur vie. Bientôt, ils devront s’affronter dans un combat de Katafali, l’art martial ancestral du peuple Bao’re. Mais tout ne se passe, bien évidemment, pas comme prévu…

À la suite de cela, deux autres histoires pleines de sagesse poursuivent le récit. Le manga permet alors de découvrir la vie de « grand-mère » et celle d’une jeune femme…

Premières pages – Loui

Côté dessin

Le coup de crayon m’a fait craquer ! Je suis tombée sur ce livre dans une petite librairie de crowdfunding, CROÂfunding à Lille, et il m’a été conseillé pour son esthétique et l’originalité de son univers.

Les personnages sont merveilleusement bien dessinés, les scènes d’action fonctionnent très bien, et certaines grandes cases regorgent de détails sans que l’ensemble soit étouffant.

Mon avis 🧐

J’aime beaucoup ce genre de récit. La première histoire permet de poser doucement le cadre de Red Flower Stories et de découvrir les traditions des personnages. C’est riche en leçons et en émotions !

C’était mon premier manga autoédité, et j’avoue que j’avais quelques appréhensions avant de commencer. Finalement, la lecture m’a agréablement surprise : l’univers est soigné, le dessin très expressif, l’action fonctionne bien, et la gestion du suspense donne envie de tourner les pages. J’ai aussi beaucoup apprécié les petites pages bonus entre les chapitres et à la fin.

J’ai particulièrement aimé la dimension initiatique du récit. Le combat de Katafali n’est pas seulement une épreuve physique : il représente aussi un moment de bascule, une manière pour les personnages de se confronter à leurs peurs, à leurs valeurs et à la place qu’ils souhaitent prendre dans leur communauté. Cette approche donne au manga une douceur particulière, entre action, tradition et transmission.

Les seuls petits points faibles, selon moi, sont quelques petites coquilles (qui arrivent aussi chez de plus grands éditeurs…) l’absence de numéros de page et un petit décalage entre les tomes 1 et 2. En dehors de ça, j’attends avec impatience la suite des aventures !

Petit point que je trouve important : le manga met en scène des personnages noirs, ce qui reste encore trop rare dans les mangas que je croise. Comme les planches sont en noir et blanc, cela ne saute pas forcément aux yeux au premier regard, mais cette représentation m’a fait plaisir et mérite d’être soulignée. Cette représentation m’a d’autant plus plu qu’elle ne se limite pas à un simple détail visuel. Les personnages noirs sont au cœur d’un récit d’aventure, de transmission, de traditions et de sagesse. Ils ne sont pas là pour remplir un quota ou rester en arrière-plan : ils portent l’univers, l’action et l’émotion du manga.

En bref c’est une agréable surprise et je conseille vivement ce manga ! 😊

La petite Aisha – Loui

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