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Les Chroniques de la Faucheuse, de MickaĂ«l Druart : rire de la mort pour mieux parler de la vie đŸ’€

PremiĂšre de couverture du livre.

Mortelles, Mortels,

Peu avenante, la Grande Faucheuse jouit, depuis la nuit des temps, d’une rĂ©putation qui ternit, bien injustement, l’Ă©nergie d’hommes et de femmes qui s’Ă©vertuent, sans relĂąche, Ă  prodiguer fauchages et agonies de qualitĂ©. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre connaissance, au travers du recueil qui suit, de leur quotidien, et des rencontres et pĂ©ripĂ©ties qui le parsĂšment.

Bien Ă  vous,

Josiane Smith,

Secrétariat de la Grande faucheuse.

PS : Pardonnez le sentimentalisme de ma secrĂ©taire. Ce livre c’est mon best of, point barre. VĂ©nĂ©rez-moi.

Sa macabre majesté,

La Grande Faucheuse.

Josiane Smith, la secrétaire de la Grande Faucheuse.

Il y a tellement de personnages que c’est compliquĂ© de tous les prĂ©senter. Aussi, j’ai eu du mal Ă  les diffĂ©rencier, je m’en excuse, mais quand ces personnages sont cachĂ©s sous leur cape de faucheur.euse, iels se ressemblent beaucoup !

La Faucheuse : ce n’est pas une seule et mĂȘme personne. À vrai dire, cela semble logique : Ă  moins d’avoir les super-pouvoirs du PĂšre NoĂ«l, il pourrait difficilement en ĂȘtre autrement. Au cours de cette histoire, le rĂ©cit suit le parcours de plusieurs faucheur.euse.s employĂ©.e.s, apprenti.e.s, et stagiaires, mais aussi de Josiane la secrĂ©taire, Émilie (mon personnage prĂ©fĂ©rĂ© !) ou encore la Grande Faucheuse. Chacun.e entretient un rapport diffĂ©rent avec son mĂ©tier. Cela donne aussi l’impression que la mort n’a pas un seul visage : elle peut ĂȘtre brutale, absurde, douce, injuste ou presque libĂ©ratrice selon les situations. Certain.e.s prennent un malin plaisir Ă  ĂŽter des vies, d’autres le voient comme une corvĂ©e
 Parfois, c’est amusant ; parfois, c’est touchant. Tout dĂ©pend des circonstances du dĂ©cĂšs et du rapport que la personne dĂ©cĂ©dĂ©e entretient avec sa propre mort. Dans tous les cas, chaque mission livre un petit message.

Ce que j’ai trouvĂ© intĂ©ressant, c’est que le recueil casse l’image d’une Faucheuse unique, froide et toute-puissante. Ici, la mort devient presque une organisation, avec ses personnalitĂ©s, ses fonctions, ses humeurs et ses contradictions.

Ce recueil de nouvelles prĂ©sente des chroniques gĂ©nĂ©ralement indĂ©pendantes les unes aux autres. Elles abordent toutes de sujets trĂšs diffĂ©rents. L’auteur, Ă  travers ses personnages, provoque des Ă©motions inattendues face Ă  un sujet aussi particulier. Le tout est abordĂ© de maniĂšre humoristique et sensible. Il m’est arrivĂ© de ne pas savoir quel sentiment Ă©prouver. Certains des textes sont trĂšs amusants, tandis que d’autres sont profondĂ©ment poĂ©tiques ! C’est original et dĂ©calĂ©. L’originalitĂ© du recueil tient surtout Ă  ce mĂ©lange de registres : l’humour noir cĂŽtoie la tendresse, l’absurde croise la poĂ©sie, et la mort devient parfois drĂŽle sans jamais devenir complĂštement lĂ©gĂšre.

J’ai beaucoup aimĂ© le nombre incalculable de « grands sujets » Ă©voquĂ©s Ă  travers les nouvelles. Chaque chronique est diffĂ©rente de la prĂ©cĂ©dente et encore plus de la suivante. C’est trĂšs intĂ©ressant. Les points de vue sur la vie et la mort sont trĂšs nombreux. Par exemple, je peux lire une chronique A, qui me fait rire de bon cƓur, puis, dix minutes plus tard, lire une chronique B qui me donne les larmes aux yeux. Car oui, Ă©videmment, la mort est un sujet sensible, mais elle est ici traitĂ©e dans tous les sens.

Finalement, le recueil ne parle pas seulement de la mort : il parle surtout de la maniĂšre dont les vivant.e.s tentent de lui donner un sens. J’ai aimĂ© cette façon de rendre la Faucheuse presque quotidienne, administrative et parfois absurde, sans jamais retirer totalement la gravitĂ© du sujet.

Le seul petit bĂ©mol de cette lecture, c’est qu’avec autant de personnages, il est facile de finir par s’y perdre. Ce foisonnement fait partie du charme du recueil, mais il peut aussi rendre la lecture un peu moins fluide.

Ce fut une trĂšs belle dĂ©couverte. Toutes les nouvelles ne m’ont pas touchĂ©es avec la mĂȘme intensitĂ©, mais ce recueil offre tout un tas d’émotions et de nombreuses rĂ©flexions sur ce qui nous hante tant : la mort.

Je remercie l’auteur, MickaĂ«l Druart, pour sa confiance et pour m’avoir permis de lire son recueil grĂące Ă  la plateforme Simplement. 

4 rĂ©flexions au sujet de “Les Chroniques de la Faucheuse, de MickaĂ«l Druart : rire de la mort pour mieux parler de la vie đŸ’€”

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