
Avertissement de contenu : mort, deuil, maladie, décÚs, fin de vie, questionnements existentiels.
Résumé :
Mortelles, Mortels,
Peu avenante, la Grande Faucheuse jouit, depuis la nuit des temps, d’une rĂ©putation qui ternit, bien injustement, l’Ă©nergie d’hommes et de femmes qui s’Ă©vertuent, sans relĂąche, Ă prodiguer fauchages et agonies de qualitĂ©. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre connaissance, au travers du recueil qui suit, de leur quotidien, et des rencontres et pĂ©ripĂ©ties qui le parsĂšment.
Bien Ă vous,
Josiane Smith,
Secrétariat de la Grande faucheuse.
PS : Pardonnez le sentimentalisme de ma secrĂ©taire. Ce livre c’est mon best of, point barre. VĂ©nĂ©rez-moi.
Sa macabre majesté,
La Grande Faucheuse.
Les personnages :
Il y a tellement de personnages que câest compliquĂ© de tous les prĂ©senter. Aussi, jâai eu du mal Ă les diffĂ©rencier, je mâen excuse, mais quand ces personnages sont cachĂ©s sous leur cape de faucheur.euse, iels se ressemblent beaucoup !
La Faucheuse : ce nâest pas une seule et mĂȘme personne. Ă vrai dire, cela semble logique : Ă moins dâavoir les super-pouvoirs du PĂšre NoĂ«l, il pourrait difficilement en ĂȘtre autrement. Au cours de cette histoire, le rĂ©cit suit le parcours de plusieurs faucheur.euse.s employĂ©.e.s, apprenti.e.s, et stagiaires, mais aussi de Josiane la secrĂ©taire, Ămilie (mon personnage prĂ©fĂ©rĂ© !) ou encore la Grande Faucheuse. Chacun.e entretient un rapport diffĂ©rent avec son mĂ©tier. Cela donne aussi lâimpression que la mort nâa pas un seul visage : elle peut ĂȘtre brutale, absurde, douce, injuste ou presque libĂ©ratrice selon les situations. Certain.e.s prennent un malin plaisir Ă ĂŽter des vies, dâautres le voient comme une corvĂ©e⊠Parfois, câest amusant ; parfois, c’est touchant. Tout dĂ©pend des circonstances du dĂ©cĂšs et du rapport que la personne dĂ©cĂ©dĂ©e entretient avec sa propre mort. Dans tous les cas, chaque mission livre un petit message.
Ce que jâai trouvĂ© intĂ©ressant, câest que le recueil casse lâimage dâune Faucheuse unique, froide et toute-puissante. Ici, la mort devient presque une organisation, avec ses personnalitĂ©s, ses fonctions, ses humeurs et ses contradictions.
« J’ai la sensation d’ĂȘtre vivant Ă nouveau, d’avoir perdu toute conscience d’ĂȘtre Faucheur. J’oublie que je vais revoir Ămilie. Jusqu’Ă ce qu’une main lĂ©gĂšre vienne se poser sur mon Ă©paule.
Celle d’une petite fille de tout juste sept ans.
La petite fille qui avait fait pleurer la Mort »
Une grande originalité :
Ce recueil de nouvelles prĂ©sente des chroniques gĂ©nĂ©ralement indĂ©pendantes les unes aux autres. Elles abordent toutes de sujets trĂšs diffĂ©rents. Lâauteur, Ă travers ses personnages, provoque des Ă©motions inattendues face Ă un sujet aussi particulier. Le tout est abordĂ© de maniĂšre humoristique et sensible. Il mâest arrivĂ© de ne pas savoir quel sentiment Ă©prouver. Certains des textes sont trĂšs amusants, tandis que dâautres sont profondĂ©ment poĂ©tiques ! Câest original et dĂ©calĂ©. LâoriginalitĂ© du recueil tient surtout Ă ce mĂ©lange de registres : lâhumour noir cĂŽtoie la tendresse, lâabsurde croise la poĂ©sie, et la mort devient parfois drĂŽle sans jamais devenir complĂštement lĂ©gĂšre.
« Figurez-vous chĂšre Josiane que la Mort a toujours Ă apprendre. Et plus particuliĂšrement des vivants. »
Mon avis :
Jâai beaucoup aimĂ© le nombre incalculable de « grands sujets » Ă©voquĂ©s Ă travers les nouvelles. Chaque chronique est diffĂ©rente de la prĂ©cĂ©dente et encore plus de la suivante. Câest trĂšs intĂ©ressant. Les points de vue sur la vie et la mort sont trĂšs nombreux. Par exemple, je peux lire une chronique A, qui me fait rire de bon cĆur, puis, dix minutes plus tard, lire une chronique B qui me donne les larmes aux yeux. Car oui, Ă©videmment, la mort est un sujet sensible, mais elle est ici traitĂ©e dans tous les sens.
Finalement, le recueil ne parle pas seulement de la mort : il parle surtout de la maniĂšre dont les vivant.e.s tentent de lui donner un sens. Jâai aimĂ© cette façon de rendre la Faucheuse presque quotidienne, administrative et parfois absurde, sans jamais retirer totalement la gravitĂ© du sujet.
Le seul petit bĂ©mol de cette lecture, câest quâavec autant de personnages, il est facile de finir par sây perdre. Ce foisonnement fait partie du charme du recueil, mais il peut aussi rendre la lecture un peu moins fluide.
Ce fut une trĂšs belle dĂ©couverte. Toutes les nouvelles ne m’ont pas touchĂ©es avec la mĂȘme intensitĂ©, mais ce recueil offre tout un tas dâĂ©motions et de nombreuses rĂ©flexions sur ce qui nous hante tant : la mort.
Remerciements :
Je remercie lâauteur, MickaĂ«l Druart, pour sa confiance et pour m’avoir permis de lire son recueil grĂące Ă la plateforme Simplement.
« Croyez-vous ĂȘtre les seuls Ă aimer les histoires ? Au Royaume des Morts, comme partout ailleurs, sont contĂ©s d’intemporels rĂ©cits. Ne sont-ils que des fictions, montĂ©es de toutes piĂšces par un auteur Ă l’imagination dĂ©bordante ? Des fables inspirĂ©es de rencontres ou Ă©vĂ©nements passĂ©s ? Ou des histoires bien rĂ©elles, inhumĂ©es d’une Ă©poque lointaine ?
Laissez-moi partager un extrait des « Contes d’Outre-Tombe », qu’enfants et adultes de l’au-delĂ aiment se transmettre, au fil des gĂ©nĂ©rations.
Ă vous d’en tirer vos propres conclusions. »

Sympa cette chronique ! Et d’ailleurs ce recueil de nouvelles est attrayant đ un petit qulque chose Ă noter dans un coin de ma tĂȘte ! Merci pour la dĂ©couverte !
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Merci ! đ Oui, il y a plein de petites morales et de messages cachĂ©s. Câest vraiment un super livre ! De rien, et merci pour ton commentaire đ
JâaimeAimĂ© par 1 personne