Polar, policier

L’Ă©trange affaire de Technolac, de Roger Moiroud : disparition et espionnage en Savoie đŸ”Ž

PremiĂšre de couverture du livre.

L’Ɠuvre Ă©voque une disparition, un possible assassinat, une enquĂȘte policiĂšre, de l’espionnage industriel et des enjeux financiers importants.

Au dĂ©part, une banale confĂ©rence du commissaire FĂ©ra Ă  Technolac, devant les Ă©lĂšves de l’école supĂ©rieure de commerce de ChambĂ©ry, sur le crime parfait. Puis, les confidences d’un Ă©tudiant qui aurait surpris une conversation troublante Ă  propos d’un assassinat. Ensuite, la disparition du patron d’une entreprise spĂ©cialisĂ©e dans le conseil en Ă©nergie solaire. Enfin, la rĂ©vĂ©lation d une affaire d’espionnage industriel aux ramifications internationales. Une enquĂȘte dĂ©cidĂ©ment trĂšs complexe dans l’univers de l’Ă©nergie-solaire oĂč les enjeux commerciaux, financiers et stratĂ©giques sont Ă©normes. La tĂ©nacitĂ© lĂ©gendaire de FĂ©ra sera mise Ă  rude Ă©preuve et le dĂ©nouement se rĂ©vĂ©lera plus surprenant que prĂ©vu.

Le personnage principal, Philibert FĂ©ra, est commissaire de police Ă  Aix-les-Bains. Au fil des romans policiers qui lui sont consacrĂ©s, il mĂšne des enquĂȘtes avec ses deux adjoint.e.s, Renaud et Isabelle, mais aussi avec Claudia, sa « grande amie », journaliste au DauphinĂ© LibĂ©rĂ©, et Pluche, son petit caniche.

À travers les pages le rĂ©cit dĂ©voile un grand amateur de gastronomie locale, joueur de golf, et passionnĂ© de littĂ©rature policiĂšre. C’est aussi un homme qui, aprĂšs avoir vĂ©cu Ă  Paris, profite pleinement de sa rĂ©gion natale, dont il est si fier.

Ce cĂŽtĂ© trĂšs local donne au roman une identitĂ© particuliĂšre : l’enquĂȘte ne pourrait pas vraiment se dĂ©rouler ailleurs, tant elle semble liĂ©e Ă  la Savoie, Ă  ses paysages et Ă  son tissu Ă©conomique.

Pour cette cinquiĂšme enquĂȘte du commissaire FĂ©ra, les lecteurices se retrouvent en Savoie, au bord du lac du Bourget, sur le site de Technolac. Ce cadre trĂšs local devient rapidement le point de dĂ©part d’une affaire bien plus vaste.

Tout commence par une confĂ©rence sur le « crime parfait ». Peu aprĂšs, le commissaire reçoit le tĂ©moignage inquiĂ©tant de Philippe, un Ă©tudiant prĂ©sent ce jour-lĂ . FĂ©ra ne sait pas encore s’il doit prendre cette rĂ©vĂ©lation au sĂ©rieux
 jusqu’à la dĂ©couverte d’un corps et la disparition de l’assassin.

L’enquĂȘte s’oriente alors vers le secteur de l’énergie solaire. Recherche, concurrence Ă©conomique, espionnage international, enjeux financiers et peut-ĂȘtre mĂȘme stratĂ©gies militaires : derriĂšre ce meurtre, les intĂ©rĂȘts semblent nombreux.

À qui profite ce meurtre ? S’agit-il vraiment d’un crime parfait ?

Je vais ĂȘtre honnĂȘte, j’ai eu du mal Ă  entrer dans l’histoire. Comme l’enquĂȘte du commissaire FĂ©ra est compliquĂ©e Ă  mener, et que les enquĂȘteur.rice.s tournent en rond, lae lecteur.rice peuvent ressentir cette impression Ă  la lecture. Le dĂ©but m’a donc semblĂ© long, mais passĂ© les soixante premiĂšres pages, l’enquĂȘte commence Ă  prendre de bons tournants, et je n’ai pas rĂ©ussi Ă  me dĂ©tacher de ce livre !

Un autre Ă©lĂ©ment m’a cependant dĂ©plu. Il s’agit de la façon dont le commissaire regarde parfois les femmes : principalement Ă  travers leur beautĂ© ou leurs « atouts ». Rien n’est forcĂ©ment dit avec mĂ©chancetĂ©, mais j’ai trouvĂ© certains passages gĂȘnants, voire dĂ©placĂ©s. C’est le genre de dĂ©tail qui peut sortir de la lecture, surtout aujourd’hui. C’est d’autant plus gĂȘnant que cela vient d’un personnage policier. Comment se sentir pleinement en confiance, en tant que femme, face Ă  une institution censĂ©e recueillir la parole des victimes, si le regard portĂ© sur les femmes reste marquĂ© par ce type de rĂ©flexes ?

Pour moi, cette lecture a aussi Ă©tĂ© amusante car l’histoire se dĂ©roule sur mon campus. Je connais presque la totalitĂ© des lieux citĂ©s dans le livre et j’ai trĂšs bien imaginĂ© l’histoire Ă©voluer dans ce dĂ©cor. C’est la premiĂšre fois que je lis un livre dont l’histoire se situe prĂšs de chez moi, dans des lieux que je connais. Maintenant que j’ai fini de lire cette enquĂȘte, lorsque je suis Ă  Technolac, je ne peux pas m’empĂȘcher de penser au livre.

Un passage dans le livre qui fait par exemple rĂ©fĂ©rence au nom des rues : « aprĂšs avoir suivi des allĂ©es qui portaient toutes des noms de lac ». Pour moi c’est devenu tellement quotidien, banal, que c’est un dĂ©tail que je ne remarque mĂȘme plus. J’ai cependant remarquĂ© quelque chose qui m’a « choquĂ©e ». Lorsque le commissaire se rend Ă  la rĂ©sidence universitaire, il trouve tout de suite une place pour se garer ! (Je pense qu’il a un super-pouvoir !). Ainsi, je trouve que c’est quelque chose de trĂšs intĂ©ressant Ă  lire et que je recommande totalement ! 🙂

Finalement, c’est un livre que j’ai moyennement aimĂ©, malgrĂ© deux ou trois Ă©lĂ©ments qui m’ont dĂ©rangĂ©e. J’ai cependant trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant de lire une histoire locale, d’autant plus que l’intrigue policiĂšre est bien menĂ©e et que le cadre savoyard donne une vraie identitĂ© au roman.

Le point de dĂ©part autour du « crime parfait » m’a aussi fait penser, de loin, Ă  certaines intrigues de How to Get Away with Murder, mĂȘme si le ton est trĂšs diffĂ©rent : ici, le roman reste davantage dans le polar rĂ©gional et l’enquĂȘte industrielle que dans le thriller judiciaire.

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