
Résumé 📖
Née de père et mère inconnus. Telle est l’origine d’Élise l’enfant trouvée de la montagne, sa vie, son chemin de croix, sa destinée… Pourtant elle reviendra sur les mystères de sa naissance, réussira à » enfanter » de son père et connaîtra un lumineux destin. Un conte de fées où Cendrillon devient princesse.
Avertissement de contenu ⚠️
Ce roman aborde plusieurs sujets sensibles, notamment l’abandon d’enfant, la vie en orphelinat, le deuil, les secrets de famille, les violences psychologiques, ainsi que le poids des normes sociales et religieuses entourant les grossesses hors mariage.
Avant-propos : quand un roman touche à des paysages intimes 🏔️
Je n’aime pas écrire de critiques négatives sur un livre : ce n’est pas le but de ce blog. Ce blog existe plutôt pour partager, échanger et faire découvrir de belles choses… Mais ce roman a été une vraie déception.
Cette déception m’a d’autant plus marquée que les paysages de montagne me tiennent profondément à cœur. J’ai grandi avec une partie de ma vie dans un chalet familial, en Basse Tarentaise. Ces paysages, ces vallées, ces villages et cette mémoire montagnarde font donc partie de mon histoire familiale autant que de mon imaginaire personnel. J’avais très envie de retrouver quelque chose de cet attachement dans ce roman.
Il y a quelque temps déjà (cinq bonnes années je pense ??), j’avais lu un autre livre de cette autrice : Amélia ou la Misère dorée. Ce livre avait été un vrai coup de cœur ! L’histoire, bien que triste, m’avait beaucoup plu. Ça se passait dans la Tarentaise, et les paysages étaient si bien décrits… Je m’égare ! En ouvrant Élise au pays des alpages, je m’attendais donc à un roman assez tranquille et agréable, ancré dans des paysages qui me touchent particulièrement. Mais ce ne fut absolument pas le cas. Je vous explique pourquoi !
Une histoire entre orphelinat, secrets et alpages 🌲
La mère d’Élise est présentée dès les premières pages. Son personnage est bien dépeint, tout comme sa rencontre avec un bel inconnu : le père d’Élise. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les mœurs de l’époque et la situation de Françoise la poussent à se séparer de son enfant, qui grandira loin de ses parents.
À travers ce roman, Régine Boisier raconte l’histoire d’une petite orpheline, fille des Aravis. De sa naissance jusqu’à l’âge adulte, le récit avance à ses côtés dans cette existence difficile, qui ne l’a pas épargnée. Entre l’orphelinat et la liberté des montagnes, la petite Élise deviendra grande et cherchera à résoudre les mystères de sa naissance.
Des personnages pris dans les mœurs de leur époque 👥
Tout d’abord, il y a Françoise, la mère d’Élise. Jeune institutrice dans un petit village du Grand-Bornand où elle a grandi, c’est une femme qui a réussi à quitter la ferme. Grâce à ses capacités intellectuelles, elle a pu obtenir un diplôme, chose rare à cette époque. Comme dans beaucoup de villages au début des années 1900, les habitant.e.s sont très attaché.e.s à la religion, et un faux pas est vite arrivé, puis raconté à travers tout le village. Aux yeux du village, ce “faux pas”, c’est malheureusement la naissance d’Élise.
Élise est une charmante enfant dont le récit suit l’histoire au fil des pages. Son quotidien et son évolution sont retracés dans ce livre. Ses expériences permettent de mieux comprendre sa vie, mais aussi ce que sa situation a fait d’elle. C’est un personnage très touchant et très intéressant.
Viennent ensuite deux personnages difficiles à apprécier : les deux tantes. Il y a la « méchante » et la « gentille ». Jeanne, autoritaire, mène la maisonnée d’une main de fer. Louise, elle, vit aux dépens de sa sœur. Évidemment, Louise est un personnage au bon fond, mais elle manque de caractère, et c’est ce qui est frustrant ! L’autre sœur, en revanche, est tout simplement mauvaise…
Une intrigue trop prévisible et une narration frustrante 📉
J’ai été énormément déçue par la plume de l’autrice et par l’histoire.
Premièrement, je l’ai trouvée trop simple. Bon, d’accord, je l’admets : ce n’est pas le genre de roman avec un suspense de folie et des retournements de situation à la Bernard Minier. C’est un roman du terroir. Mais ce n’était pas une raison pour que l’ensemble soit aussi plat… L’histoire est beaucoup trop prévisible et la fin complètement bâclée. Avec ce genre d’intrigue, la fin se devine assez vite… Je l’ai d’ailleurs longuement attendue. Mais en moins de deux pages, tout le dénouement arrive à toute vitesse, avec cinq fois plus d’action qu’en 350 pages… Bref. Je n’ai pas vraiment aimé.
Autre point : la narration n’a pas du tout été à mon goût. En gros, le récit annonce sans cesse qu’Élise comprendra plus tard ce qu’elle vit ou ce qu’elle ignore encore. J’ai trouvé l’histoire très lassante, avec des retours dans le passé et des anticipations constantes. Il devient difficile de profiter du moment présent, et c’est vraiment dommage.
Mon avis : une déception malgré un beau potentiel 💭
Je ne vais pas m’acharner davantage sur ce livre. Pour moi, il avait beaucoup de potentiel : une histoire touchante, douce en apparence, de beaux paysages, un petit voyage à travers le temps et de belles découvertes, un peu à la Heidi. Mais la narration m’a bloquée et la fin m’a déçue.
Dans mes souvenirs, Amélia ou la Misère dorée avait vraiment été un bon livre. J’appréhende maintenant de le relire, alors que cette autrice est connue régionalement pour avoir écrit de très bons romans 😅
Malgré tout, j’ai apprécié en apprendre plus sur cette époque, sur les mœurs (même si je ne les partage évidemment pas !) et sur ces belles montagnes. L’autrice a aussi eu le don de donner à un personnage un caractère exécrable ! À travers Jeanne, se perçoit malheureusement toute la cruauté qui peut habiter certains cœurs, et cela rappelle combien certaines formes de dureté peuvent abîmer les autres.
Ce qui m’a intéressée, malgré ma déception, c’est la manière dont le roman rappelle le poids des normes sociales et religieuses sur les femmes. Françoise n’est pas seulement une mère qui abandonne son enfant : elle est aussi une femme enfermée dans une époque où une grossesse hors mariage pouvait devenir une faute sociale presque impardonnable.
Ce n’est donc pas le genre du roman du terroir qui m’a dérangée. J’aime les récits ancrés dans un territoire, une mémoire familiale, des paysages et des traditions. Ce qui m’a manqué ici, c’est une narration plus vivante, capable de faire exister pleinement ces éléments sans annoncer sans cesse ce qui allait arriver !! 😩
