Fantastique, imaginaire, Jeunesse

Nightfall, de Jake Halpern et Peter Kujawinski : quand la nuit rĂ©veille les monstres đŸŒ‘

PremiĂšre de couverture du livre.

Sur l’üle de Bliss, quatorze annĂ©es de Nuit vont bientĂŽt succĂ©der Ă  quatorze annĂ©es de Jour.

Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village.

Alors que la Nuit les enveloppe, ils dĂ©couvrent avec horreur qu’ils n’auraient vraiment pas dû 

Les personnages principaux sont Liam, jeune orphelin qui s’occupe seul de son petit frĂšre, ainsi que les jumeaux Marine et Kana, tous ĂągĂ©s de quatorze ans. Tous trois se connaissent depuis l’enfance. Ce sont des enfants nĂ©s Ă  l’Aube, l’une des pĂ©riodes les plus prospĂšres.

Kana est considĂ©rĂ© comme aveugle depuis la naissance, mais, lorsque la nuit vient et que l’intensitĂ© lumineuse diminue, sa vue s’amĂ©liore. Il supporte mal la lumiĂšre trop intense, mais sa perception devient prĂ©cieuse dans l’obscurité  Son rapport particulier Ă  la lumiĂšre et Ă  l’obscuritĂ© donne au rĂ©cit une dimension intĂ©ressante : ce qui le mettait Ă  l’écart dans un monde lumineux devient une autre maniĂšre d’habiter la nuit.

Marine Ă©tait trĂšs proche de son frĂšre lorsqu’elle Ă©tait plus jeune, mais son rapprochement avec Liam, le meilleur ami de Kana, a fragilisĂ© leur relation.

Les trois personnages parviendront-ils Ă  s’accorder lorsque leurs destins seront liĂ©s ?

« Quatorze annĂ©es de Nuit vont bientĂŽt succĂ©der Ă  quatorze annĂ©es de Jour » : de quoi attirer les personnes curieuses, n’est-ce pas ? Pour Halloween, j’avais envie de lire quelque chose qui fasse un peu peur, avec une intrigue sinistre, mais pas non plus trop terrifiante
 Je pensais que ce livre correspondrait Ă  mes attentes.

J’ai trouvĂ© que l’univers Ă©tait bien pensĂ© et trĂšs visuel. Je me suis rapidement attachĂ©e aux personnages, je me suis inquiĂ©tĂ©e pour leur devenir, et je me suis interrogĂ©e sur les « choses de la nuit », entre autres. Il se passe des choses vraiment Ă©tranges dans ce village, et l’envie de comprendre pourquoi arrive trĂšs vite !

Ce principe de monde cyclique m’a immĂ©diatement intriguĂ©e : comment grandir, vivre, transmettre des souvenirs ou prĂ©parer un dĂ©part quand la nuit dure quatorze ans ? Ce cycle oblige aussi les adultes Ă  transmettre un savoir que les enfants n’ont jamais vĂ©cu : la nuit devient alors autant une menace qu’un hĂ©ritage.

Ce n’est pas quelque chose qui m’arrive Ă  chaque lecture, mais j’ai facilement rĂ©ussi Ă  m’imaginer l’ensemble de l’univers. Les personnages sont trĂšs bien dĂ©crits, tout comme l’üle de Bliss. Le livre se lit trĂšs vite et le style d’écriture est fluide.

Mais certains dĂ©tails m’ont chagrinĂ©e. Trop de petites choses m’ont sautĂ© aux yeux dĂšs le dĂ©but, notamment concernant Kana et Marine, et je pense qu’elles auraient pu ĂȘtre Ă©vitĂ©es. Ce sont bien entendu des dĂ©tails, mais ils ont rendu l’histoire « moins crĂ©dible » Ă  mes yeux, malgrĂ© l’aspect fantastique.

La fin est Ă©galement trĂšs ouverte. C’est un choix que beaucoup d’auteur.rice.s font, mais, personnellement, il m’en fallait plus, car je n’ai pas eu les rĂ©ponses Ă  toutes mes questions
 Au final je me suis demandĂ© comment certaines incohĂ©rences avaient pus passer malgrĂ© le travail de deux personnes Ă  l’Ă©criture… MĂȘme le rĂ©sumĂ© ne correspond pas vraiment Ă  histoire.

Je ne garderai pas un souvenir dĂ©sagrĂ©able de cette lecture. Je voulais me mettre dans l’ambiance d’Halloween sans plonger dans un livre trop effrayant, mais ce n’ai pas un livre que je recommande particuliĂšrement.

Au dĂ©but du rĂ©cit, j’ai beaucoup aimĂ© la façon de penser de Marine. Lorsqu’elle se dispute avec ses parents sur les dangers de la nuit, elle leur demanda ce qui se passe vraiment. Elle veut savoir d’oĂč viennent tous ces mystĂšres, et pourquoi les adultes ne semblent pas s’y intĂ©resser davantage. Apparemment en grandissant, certaines personnes perdent leur curiosité  J’aime beaucoup ce motif dans les romans jeunesse : les adultes ont parfois tellement intĂ©grĂ© les rĂšgles de leur monde qu’iels cessent de les questionner, tandis que les plus jeunes gardent encore la capacitĂ© de demander “pourquoi ?”.

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