
Résumé :
Sur l’île de Bliss, quatorze années de Nuit vont bientôt succéder à quatorze années de Jour.
Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village.
Alors que la Nuit les enveloppe, ils découvrent avec horreur qu’ils n’auraient vraiment pas dû…
Avertissement de contenu : peur, créatures inquiétantes, danger, disparition, isolement, survie, obscurité.
Les maisons doivent être immaculées.
Laissez-les dans l’état où vous les avez trouvées.
Dissimulez votre odeur.
Fuyez la Nuit ou nous vous pourchasserons.
Les personnages :
Les personnages principaux sont Liam, jeune orphelin qui s’occupe seul de son petit frère, ainsi que les jumeaux Marine et Kana, tous âgés de quatorze ans. Tous trois se connaissent depuis l’enfance. Ce sont des enfants nés à l’Aube, l’une des périodes les plus prospères.
Kana est considéré comme aveugle depuis la naissance, mais, lorsque la nuit vient et que l’intensité lumineuse diminue, sa vue s’améliore. Il supporte mal la lumière trop intense, mais sa perception devient précieuse dans l’obscurité… Son rapport particulier à la lumière et à l’obscurité donne au récit une dimension intéressante : ce qui le mettait à l’écart dans un monde lumineux devient une autre manière d’habiter la nuit.
Marine était très proche de son frère lorsqu’elle était plus jeune, mais son rapprochement avec Liam, le meilleur ami de Kana, a fragilisé leur relation.
Les trois personnages parviendront-ils à s’accorder lorsque leurs destins seront liés ?
Au crépuscule :
« Quatorze années de Nuit vont bientôt succéder à quatorze années de Jour » : de quoi attirer les personnes curieuses, n’est-ce pas ? Pour Halloween, j’avais envie de lire quelque chose qui fasse un peu peur, avec une intrigue sinistre, mais pas non plus trop terrifiante… Je pensais que ce livre correspondrait à mes attentes.
J’ai trouvé que l’univers était bien pensé et très visuel. Je me suis rapidement attachée aux personnages, je me suis inquiétée pour leur devenir, et je me suis interrogée sur les « choses de la nuit », entre autres. Il se passe des choses vraiment étranges dans ce village, et l’envie de comprendre pourquoi arrive très vite !
Ce principe de monde cyclique m’a immédiatement intriguée : comment grandir, vivre, transmettre des souvenirs ou préparer un départ quand la nuit dure quatorze ans ? Ce cycle oblige aussi les adultes à transmettre un savoir que les enfants n’ont jamais vécu : la nuit devient alors autant une menace qu’un héritage.
Il jeta un coup d’œil vers une étrange branche qui dépassait du bord de la fosse. Elle était épaisse, ronde et noueuse ; dans l’obscurité, elle ressemblait presque à une tête humaine. En fait lorsque, quelques heures plus tôt, il l’avait vue pour la première fois, il avait cru que c’était bien une personne. Il l’avait même appelée. Mais quand elle n’avait pas répondu ni même bougé d’un centimètre, il était arrivé à la conclusion que c’était une branche. Et pourtant, elle avait tellement l’air humaine qu’il continuait à la regarder de temps à autre, partagé entre l’espoir et la crainte qu’elle bouge.
Et soudain elle bougea. Plus précisément, elle disparut.
Mon avis :
Ce n’est pas quelque chose qui m’arrive à chaque lecture, mais j’ai facilement réussi à m’imaginer l’ensemble de l’univers. Les personnages sont très bien décrits, tout comme l’île de Bliss. Le livre se lit très vite et le style d’écriture est fluide.
Mais certains détails m’ont chagrinée. Trop de petites choses m’ont sauté aux yeux dès le début, notamment concernant Kana et Marine, et je pense qu’elles auraient pu être évitées. Ce sont bien entendu des détails, mais ils ont rendu l’histoire « moins crédible » à mes yeux, malgré l’aspect fantastique.
La fin est également très ouverte. C’est un choix que beaucoup d’auteur.rice.s font, mais, personnellement, il m’en fallait plus, car je n’ai pas eu les réponses à toutes mes questions… Au final je me suis demandé comment certaines incohérences avaient pus passer malgré le travail de deux personnes à l’écriture… Même le résumé ne correspond pas vraiment à histoire.
Je ne garderai pas un souvenir désagréable de cette lecture. Je voulais me mettre dans l’ambiance d’Halloween sans plonger dans un livre trop effrayant, mais ce n’ai pas un livre que je recommande particulièrement.
Un autre point qui m’a intéréssé :
Au début du récit, j’ai beaucoup aimé la façon de penser de Marine. Lorsqu’elle se dispute avec ses parents sur les dangers de la nuit, elle leur demanda ce qui se passe vraiment. Elle veut savoir d’où viennent tous ces mystères, et pourquoi les adultes ne semblent pas s’y intéresser davantage. Apparemment en grandissant, certaines personnes perdent leur curiosité… J’aime beaucoup ce motif dans les romans jeunesse : les adultes ont parfois tellement intégré les règles de leur monde qu’iels cessent de les questionner, tandis que les plus jeunes gardent encore la capacité de demander “pourquoi ?”.
Marine, ne comprends-tu pas ? Seuls les enfants pensent que les adultes savent pourquoi et comment tout marche. Être adulte, c’est accepter de ne pas savoir.