
Avertissement de contenu ⚠️
Ce jeu contient une ambiance macabre, du sang, des rituels familiaux étranges, des morts, des corps transformés, des insectes, des références bibliques et une atmosphère d’angoisse constante.
Synopsis 🎮
L’histoire de Rusty Lake Paradise se déroule sur une petite île isolée, maudite par les Dix Plaies d’Égypte.
Jakob Eilander, l’aîné de la famille Eilander, retourne sur Paradise Island après la mort mystérieuse de sa mère, Caroline. Depuis son décès, l’île semble frappée par une terrible malédiction. Pour tenter d’y mettre fin, Jakob doit retrouver les souvenirs cachés de sa mère, enfermés dans de mystérieux cubes noirs, et participer à des rituels familiaux de plus en plus étranges.
Dans ce nouvel épisode, le studio Rusty Lake reprend son atmosphère habituelle : du mystère, du malaise, des énigmes, des symboles, du glauque et un humour noir très particulier.

L’histoire : une île, une famille et dix plaies 🩸
Lorsque le jeu commence, nous sommes en 1796. Jakob Eilander revient sur l’île familiale après avoir reçu une lettre de son père, Nicholas Eilander. Celui-ci lui annonce la mort de Caroline Eilander et lui demande de revenir afin de l’aider à en finir avec les plaies qui frappent Paradise Island.
La première plaie a déjà commencé. Jakob doit alors aider sa famille à retrouver les souvenirs de sa défunte mère, enfermés dans des cubes noirs, afin d’éloigner les Shadows.
Dans ce jeu, la famille Vanderboom laisse la place à la famille Eilander et à ses terribles secrets. L’univers reste pourtant bien lié à Rusty Lake : les mêmes symboles reviennent, certains mystères semblent se répondre, et la frontière entre souvenir, rituel, sacrifice et cauchemar devient toujours aussi floue.
Mémoire, deuil et secrets de famille 🧠
Comme souvent dans l’univers de Rusty Lake, la mémoire occupe une place centrale. Les cubes noirs ne sont pas seulement des objets mystérieux à récupérer : ils semblent contenir des fragments de souvenirs, de douleur, de deuil et de secrets familiaux.
Jakob ne revient pas seulement sur une île maudite : il revient dans une histoire familiale trouble, pleine de non-dits, de rituels et de sacrifices. Chaque plaie devient alors une étape de plus dans la découverte de ce passé étrange, comme si l’île elle-même obligeait les personnages à regarder ce qui a été enfoui…
Ce que j’ai aimé ✨
Contrairement à certains jeux de la série Cube Escape, la rejouabilité est intéressante grâce aux trophées. Ils donnent envie de fouiller chaque décor, de revenir sur certains détails et de chercher de nouveaux éléments pour mieux comprendre l’histoire.
L’idée de construire un jeu autour des Dix Plaies d’Égypte est aussi très originale. Cela permet de découvrir ou redécouvrir cet épisode biblique à travers une relecture macabre, symbolique et complètement étrange.
Chaque plaie possède sa propre ambiance. Même si les décors restent assez similaires d’un chapitre à l’autre, les énigmes, les rituels et le suspense changent suffisamment pour garder l’attention.
Le jeu est aussi très facile à prendre en main. C’est un point-and-click : il faut observer, cliquer, combiner des objets, résoudre des énigmes et comprendre la logique parfois très tordue de Rusty Lake.
Mais ce que je préfère reste l’esthétique. Les arrière-plans aux couleurs pastel, dessinés à la main par le peintre hollandais Johan Scherft, sont magnifiques. La bande-son est immersive, l’ambiance sonore fonctionne très bien, et le contraste entre les couleurs douces et l’horreur des scènes rend le jeu encore plus dérangeant.
Ce qui m’a moins convaincue 😬
J’ai eu l’impression que plus le jeu avançait, plus les bugs étaient présents. Pour l’épisode lié à la Lune et aux ténèbres, par exemple, je n’arrivais pas à accéder à une pièce où se trouvait le bûcher : l’application se fermait automatiquement. J’ai dû attendre un peu et faire travailler ma patience.
J’ai aussi trouvé les premières plaies assez simples. Je ne prétends pas être particulièrement douée pour ce type de jeu, loin de là, mais jusqu’à la quatrième plaie, il ne me semble pas nécessaire de résoudre des énigmes très complexes.
Dernier point : le jeu est payant. Il coûte environ 4 euros selon l’appareil utilisé. Ce n’est pas excessif, surtout pour un jeu aussi travaillé, mais je conseillerais quand même de commencer par la série Cube Escape, gratuite ou plus accessible selon les plateformes, afin de voir si l’univers vous plaît avant de passer à un jeu premium.
Les Dix Plaies d’Égypte : entre récit biblique et relecture macabre 🐸
Selon le Livre de l’Exode, les Dix Plaies d’Égypte seraient les châtiments envoyés par Dieu pour convaincre Pharaon de laisser partir le peuple d’Israël.
La liste traditionnelle comprend :
- L’eau changée en sang
- Les grenouilles
- Les moustiques ou les poux
- Les mouches, taons ou bêtes sauvages selon les traductions
- La mort des troupeaux
- Les furoncles
- La grêle
- Les sauterelles
- Les ténèbres
- La mort des premiers-nés
Dans Rusty Lake Paradise, ces plaies sont réinterprétées dans un univers beaucoup plus intime et familial. L’Égypte biblique laisse place à une petite île isolée, et le récit collectif devient une malédiction familiale.
C’est ce que j’ai trouvé intéressant : le jeu ne se contente pas de reprendre une liste de catastrophes. Il transforme chaque plaie en énigme, en rituel, en décor, en scène étrange ou en symbole.

Une possible lecture scientifique ? 🔎
En s’intéressant aux Dix Plaies d’Égypte, il est aussi possible de chercher des explications plus naturelles ou scientifiques.
Certaines hypothèses envisagent un enchaînement de causes et de conséquences : une eau contaminée ou anormalement colorée aurait pu tuer une partie de la faune aquatique, pousser les grenouilles hors de l’eau, attirer des insectes charognards, favoriser des parasites ou des maladies, puis provoquer une mortalité animale plus large.
Ce phénomène est expliquer sur un article de la revue scientifique Sciences et Avenir ( lien : https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/tele-cinema/exodus-dans-les-salles-que-dit-la-science-sur-les-dix-plaies-d-egypte_104041 ). Hervé Ratel, l’auteur de cet article, explique, à partir des résultats de chercheurs, que ce phénomène serait dû à un volcan… Affaire à suivre !
Ce type d’interprétation ne remplace évidemment pas la lecture religieuse ou symbolique du récit, mais il permet d’observer les plaies autrement : comme une succession de phénomènes écologiques, sanitaires et environnementaux.
Et forcément, ce genre de parallèle m’intéresse beaucoup. Entre eau contaminée, mortalité animale, insectes, maladies et déséquilibres environnementaux, les plaies peuvent aussi se lire comme une chaîne de catastrophes naturelles amplifiées.
Rusty Lake, de son côté, transforme cette matière en cauchemar visuel et narratif.

Remarques et petites théories 🧩
Dans la première plaie, Jakob doit demander à son frère David de lui pêcher une crevette pour passer la porte. Or, les crustacés peuvent être sensibles aux changements brutaux de leur environnement, notamment dans l’eau.
Simple détail de gameplay ou clin d’œil volontaire ? Difficile à dire, mais avec Rusty Lake, les détails ont rarement l’air complètement innocents.
Je me demande aussi si la famille Eilander est liée à la famille Vanderboom. Si les créateurs ont choisi de raconter cette histoire, c’est sûrement qu’il reste encore de nouveaux mystères à explorer autour de la femme en robe d’été, des souvenirs, des cubes noirs et des liens familiaux dans l’univers de Rusty Lake.

Une horreur presque douce 🎨
Ce que je trouve particulièrement réussi dans Rusty Lake Paradise, c’est le contraste entre l’esthétique très douce du jeu et la violence de ce qui est raconté.
Les couleurs pastel, les décors peints à la main, les paysages presque calmes pourraient donner une impression de conte étrange. Pourtant, chaque détail cache quelque chose de macabre : un corps, un animal mort, un rituel, une transformation, un souvenir inquiétant.
Cette opposition rend l’expérience encore plus dérangeante. Le jeu n’a pas besoin d’être réaliste ou sanglant en permanence pour mettre mal à l’aise. Il installe plutôt une sensation de malaise progressif, comme si quelque chose de très mauvais se cachait derrière une image presque jolie.
Mon avis : une aventure macabre, belle et addictive 🕯️
Finalement, j’ai beaucoup aimé Rusty Lake Paradise !!
J’ai aimé la qualité du jeu, la nouvelle histoire, l’atmosphère angoissante, les références aux Dix Plaies d’Égypte et la manière dont le studio Rusty Lake transforme un récit biblique en expérience étrange, sanglante et pleine de mystères.
J’aurais aimé des énigmes un peu plus difficiles, surtout au début, et quelques bugs m’ont gênée. Mais malgré ces défauts, l’ambiance est toujours aussi réussie. L’univers est encore plus sanglant, le mystère reste bien présent, et l’envie de comprendre ce qui se cache derrière chaque détail fonctionne très bien.
J’ai hâte de découvrir d’autres jeux de ces créateurs ! 😊
Trailer :