Bande-dessinée et roman graphique, Fantastique, imaginaire

Les échos invisibles de Tony Sandoval et Grazia La Padula

Résumé 👻

Abattu par la mort de celle qu’il aime, Baltus sombre dans une dépression qui frôle les excès des dérives interdites. De son chagrin naît un étrange pouvoir, il se met à avoir des visions. Ne trouvant pas de réponse à son mal de vivre, il décide de quitter la Hollande. C’est sur une île en Sicile qu’il trouve une paix intérieure. Un jour, pourtant, une journaliste vient perturber son repos. Quel est ce don qu’on lui attribue et par lequel il se serait illustré quelque temps plus tôt ? La paix intérieure commence déjà à bouillir !

Cette bande dessinée aborde le deuil amoureux, la dépression, le mal-être, les hallucinations et la difficulté à continuer à vivre après la perte d’un être aimé.

Planche extraite du livre. Sert d'exemple.
les échos invisibles – premier tome

Un scénario sombre

Dans le premier volume de ce diptyque, Tony Sandoval dévoile un Baltus fou amoureux, sombrant dans le déni. Suite à la mort de sa bien-aimée, Monica, le jeune photographe se remémore les beaux moments qu’ils connurent. Le récit plonge alors dans l’incompréhension de Baltus, sa colère, son amour fou et sa souffrance. Ses sentiments sont racontés avec beaucoup de justesse et de rage. Il est rare de voir une telle beauté dans un si grand désespoir. Ce chagrin prend une tournure fantastique lorsque Baltus est tourmenté par des hallucinations, qui renforcent son mal-être tout en permettant de mieux le comprendre. Le fantastique ne semble alors pas seulement là pour créer du mystère : il donne une forme visible au deuil de Baltus. Ses visions traduisent ce que la douleur fait à son rapport au réel, comme si son chagrin débordait du cadre rationnel. Il devient alors un personnage auquel il est facile de s’attacher, malgré la douleur et le trouble qui l’habitent. Cet attachement reste pourtant ambigu : le récit montre aussi ce qu’un amour impossible à donner peut provoquer. Baltus aime Monica, mais cet amour devient peu à peu une prison. L’histoire, profonde et sombre, se dévore très rapidement !

Dans le second tome, après une ellipse de vingt ans, Baltus réapparait toujours rongé par la perte de celle qu’il aimait. Pourtant, il semble avoir acquis une forme de sagesse. Reste alors à savoir si l’arrivée de la jeune journaliste bousculera son fragile équilibre.

…et des illustrations magnifiques.

Le trait de Grazia La Padula semble fait pour ce scénario ! Ses dessins se marient très bien avec l’univers décalé de Tony Sandoval. Sous la mise en scène sombre se déploie un graphisme travaillé, porté par des changements de cadrage qui permettent de mieux ressentir les scènes. La palette de couleurs blafardes et sombres donne corps à un univers dénué de joie. Les changements de couleurs semblent aussi accompagner l’évolution de Baltus à travers les deux tomes. Les têtes disproportionnées des personnages les rendent paradoxalement plus humains. Leurs émotions n’en sont que plus marquées.

Planche extraite du livre. Sert d'exemple.
les échos invisibles – second tome

Mon avis 😊

J’ai découvert les Échos invisibles en feuilletant quelques pages en magasin, et je suis tombée sous le charmes des dessins. Je les trouve tout simplement magnifiques ! En lisant la série, j’ai été submergée par l’univers sombre de Baltus et par sa psychologie complexe. Le travail du scénariste et de l’illustratrice s’accorde parfaitement et crée une histoire qui questionne. Petit point négatif : malgré toute cette sensibilité, j’ai trouvé que le récit se révélait un peu trop contemplatif.

Planche extraite du livre. Sert d'exemple.
les échos invisibles – second tome

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