Résumé :
Une année au fil de la poésie, pour se laisser bercer et transporter par de simple mots.
Une réaction complexe :
Je ne sais pas trop comment formuler ce que j’ai pensé de cette lecture. La poésie n’est pas un genre vers lequel je me tourne spontanément. J’adore la poésie, mais, généralement, je lis un poème de temps en temps, puis j’essaie d’y penser au cours de la journée. Je la lis par amour des mots ou selon mes émotions du moment. Lire un recueil a donc été l’occasion de diversifier le blog, mais surtout de ne plus laisser la poésie de côté.
Je tiens aussi à dire que ma réaction face à ces textes est encore plus personnelle que pour d’autres livres, étant donné que la poésie demande une implication particulière. Un poème ne raconte pas seulement une histoire : il vient parfois toucher une sensation, une image ou un souvenir difficile à expliquer.
« Alors quelques mots
Pour une recette de bonheur :
Paix, amour, écoute et compassion. »
Premières impressions :
Je ne sais pas si je suis la seule à penser cela, mais la lecture, puis la compréhension des poèmes, m’a semblé facile. Avec la poésie, rien n’est jamais vraiment facile. Après tout, un poète est un être humain, avec toute sa complexité : il est impossible de connaître pleinement sa vérité.
En acceptant ma première impression, j’ai trouvé agréable d’avoir le sentiment de comprendre. Je me suis sentie plus impliquée dans son œuvre. C’est comme si je redécouvrais à nouveau la poésie, et peut-être même la vie.
Ici, je n’ai pas eu affaire à des tournures hermétiques me rappelant les heures passées à analyser les bribes de Baudelaire ou de Rimbaud. Je ne me suis pas sentie obligée de reconnaître un travail de style avant d’apprécier l’évasion proposée. C’est comme si la poésie était rendue accessible à toute personne qui prend le temps de la lire. Il suffit de poser les yeux sur les lignes et de se laisser embarquer.
Ce recueil m’a rappelé qu’un poème peut d’abord se ressentir avant de se décortiquer.
L’année de Frédéric Marcou :
Il semblerait que l’année de Frédéric Marcou ait été bien remplie ! Il aborde d’innombrables sujets, et le rythme des poèmes semble marqué par la vie elle-même. La vie est variée, et le recueil donne accès à une multitude d’observations : des revendications, des critiques, des éloges, des plaintes, des inspirations, des pensées… Je trouve que cette variété rend la lecture plus sensible, plus proche. Je me suis laissée charmer par ses mots, aussi tendres que durs. J’ai eu l’impression d’écouter ses mots dialoguer avec le monde.
« Les arbres sont témoins
Des activités humaines
Si les arbres pouvaient parler
Ils raconteraient les méfaits des petits hommes »
Entre appréciation, compréhension, et gêne :
C’est quelque chose de tout bête, mais lire des textes aussi personnels, alors que l’auteur est toujours vivant, m’a gênée. J’admire la sincérité du recueil et la beauté mise dans le quotidien. Écrire de telles choses, c’est presque ouvrir son âme. J’ai eu l’impression d’entrer dans la pensée de quelqu’un d’autre.
Il y a des choses que je comprends, et d’autres non. J’ai peut-être encore toute la vie pour comprendre sa poésie.
Certains poèmes ont davantage retenu mon attention. Certains m’ont davantage touchée, d’autres moins, et quelques-uns m’ont échappé. Certains sujets m’ont dérangée à la lecture. Par exemple, les textes sur le fait d’être poète (je pense à « méditation de café »), m’ont mise mal à l’aise. J’y ai perçu quelque chose qui m’a semblé, par moments, autocentré, mais aussi complexe : je ne suis pas sûre de pouvoir pleinement comprendre.
D’autres poèmes m’ont atteinte comme une piqure de rappel, comme un avertissement, ou presque comme un mode d’emploi. C’est par exemple le cas de « J’étais vieux ». C’est triste et beau à la fois.
Enfin, j’ai beaucoup aimé les textes parlant de l’amour et de la nature, ils étaient vraiment très touchants. Mes poèmes préférés restent les « Ode neigeuses » …
« Aujourd’hui, j’écris.
Mes mots avides.
Prêts à sortir du vide.
Ma fragilité intérieure.
Orchestre mes maux extérieurs.
~~
J’aime regarder la neige tomber
Elle purifie l’atmosphère de ses flocons
Elle nous nettoie aussi l’âme et l’esprit
Qui le temps d’une bourrasque
Retrouvent leur virginité originelle. »
Mon avis :
Je ne pense pas avoir pu tout apprécier, et c’est normal : il en faut pour tous les goûts ! J’ai beaucoup aimé lire cette forme de « correspondance » avec la nature, l’amour, le bonheur, la tristesse, la douleur et la maladie. J’ai eu l’impression que chaque émotion qu’un être humain est capable de ressentir ou de percevoir était retranscrite.
Cette retranscription passe par une abondance d’images et d’éléments. J’ai beaucoup aimé lire ces textes. En revanche, la vision du « poète voyant » (je crois que c’est ainsi que cela se dit) ne m’a pas vraiment parlé. Me sentant extérieure au sujet, j’ai eu du mal à saisir l’idée.
Finalement, j’ai bien aimé ce recueil. Je l’ai trouvé beau, accessible, d’une simplicité touchante, et j’ai pu me laisser emporter sans difficulté !
Remerciements :
Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur, Frédéric Marcou, et la plateforme SimPlement pour leur confiance. Je tiens également à dire que j’admire ce travail. Cette lutte, cette ode à la vie dans toute sa complexité, est belle et touchante à lire.
