
Résumé :
C’est l’histoire d’une famille déchirée par la mort, la haine et les passions. Nous sommes au XIXe siècle, en 1847, au temps de Louis-Philippe. Le père Sambre, prénommé Hugo, vient de mourir. Sa veuve ne semble guère affectée…
Avertissement de contenu : deuil, suicide, mort, passion amoureuse, rapports de classe, atmosphère sombre.
Le début de l’histoire :
L’auteur m’a plongée dès les premières pages dans un univers sombre. La scène s’ouvre sur un enterrement. L’enterrement d’un père et d’un époux marqué par la folie. L’enterrement d’Hugo Sambre. Les membres de la famille se repèrent à leurs chevelures flamboyantes. Sa veuve est présentée comme une très belle femme, dont la présence attire les regards malgré le deuil récent. Vient ensuite sa fille, qui reproche le suicide de son père à sa mère. Elle reproche aussi à son frère, Bernard, son apparent manque d’intérêt pour la cérémonie. Celui-ci essaie de fuir l’image que les autres ont de son père…

La malédiction :
Une malédiction pèse sur la famille Sambre. Selon Hugo, les êtres humains seraient définis par la couleur de leurs yeux, qui représenterait leur position sociale ainsi qu’un destin inévitable. Le malheur s’abattrait sur les Sambre s’ils croisaient le chemin de personnes aux yeux rouges. Les yeux rouges sont associés à des figures diabolisées, censées annoncer la mort et la destruction de la famille. Julie a les yeux rouges.
Une tragédie aux airs de Roméo et Juliette :
À la suite de la guerre menée par les Sambre contre les personnes aux yeux rouges, il semble évident que les deux mondes doivent rester à distance… C’est dans ce contexte que Julie, jeune braconnière issue d’un milieu populaire, apparaît dans la vie de Bernard, qui tombe rapidement sous son charme…
L’opposition entre Bernard et Julie ne repose donc pas seulement sur la malédiction des yeux rouges, mais aussi sur une frontière sociale très marquée.

Les dessins :
Le fantastique de l’histoire est très bien porté par le graphisme et les couleurs. L’ensemble est très sombre, avec une palette de couleurs particulièrement intéressante. Les cheveux roux des Sambre et les yeux rouges de Julie contrastent avec les nuances grises. Le contraste entre le gris ambiant, les chevelures flamboyantes et les yeux rouges renforce l’idée d’une passion impossible, immédiatement associée au danger. Je me suis immédiatement sentie immergée dans cet univers dramatique.

Mon avis :
À vrai dire, je n’ai pas beaucoup aimé ce livre, et ce pour différentes raisons :
1) J’avais entendu parler de cet univers de manière positive et lorsque j’ai vu des albums de « Sambre » disponibles à la bibliothèque, je me suis précipitée dessus. Je m’attendais à quelque chose de vraiment sensationnel mais ce que j’attendais n’est jamais venu. Règle n°1 : ne pas placer trop d’attentes dans une œuvre avant de se faire sa propre opinion.
2) J’ai aussi eu du mal à comprendre tout l’enjeu autour des yeux. Mais c’est sûrement dû au fait qu’il s’agit d’un deuxième cycle. Il me manque une partie de l’histoire pour pouvoir la comprendre. Ce n’était pas écrit sur la tranche, seulement au dos… et je ne lis pas toujours le résumé. J’ai donc conscience que mon avis est peut-être biaisé par ce point d’entrée maladroit dans l’univers de Sambre.
3) J’ai aussi eu du mal à croire à ce jeune couple : les deux personnages tombent amoureux en un rien de temps, se rapprochent très vite physiquement et se jurent amour et fidélité en moins de dix pages… J’ai bien compris que le récit cherchait à installer une passion fulgurante, tragique, presque maudite. Mais cette intensité m’a semblé aller trop vite pour que je puisse vraiment croire à leur lien. Le récit semble vouloir imposer l’évidence de leur passion par la force du drame, mais il m’a manqué quelques étapes pour ressentir réellement leur attachement.
Malgré ces réserves, j’ai trouvé l’intrigue originale et le suspense agréable. Je pense donc lire la suite pour ne pas rester sur une impression mitigée. Peut-être que ce tome n’est qu’une courte introduction, et que la suite va se révélera palpitante !