Bande-dessinée et roman graphique, Historique

Radium Girls – Cy

Résumé ⚗

La découverte du radium fait une entrée fracassante dans les États-Unis des années 1920. L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente.

1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis d’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres, avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir. Lip. Dip. Paint. Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.

Radium Girls – Cy

L’histoire 👄

La découverte historique de Marie Curie, au sujet de la radioactivité du radium, suscite un fort engouement. Les industries surfent sur cette nouvelle vague, et trouvent toute une ribambelle d’usages pour ce composé radioactif. De grandes entreprises, comme Tho-Radia, l’utilisent dans des crèmes, rouges à lèvres, eaux de Cologne et de nombreuses lotions à application cutanée.

D’un autre côté, l’industrie militaire choisie de l’utiliser pour sa capacité phosphorescente. En effet, le radium, à la capacité d’émettre de la lumière sans avoir besoin d’être exposé à la lumière, ça c’est le principe de fluorescence. Le radium sert alors à illuminer les cadrans de montres dans le noir. Et pour transformer une montre rien de sorcier ! La technique est simple : lip, dip, paint. On lisse le pinceau avec ses lèvres, on le trempe dans la peinture, on peint sur le cadran, et on recommence ! C’est dans un atelier utilisant cette méthode que nos cinq filles travaillent.

Radium Girls – Cy

De nos jours, il ne nous viendrait pas à l’idée d’ingérer du radium… Mais à l’époque, les grandes industries du radium finançaient la désinformation, et la recherche (et peu comme le tabac). « Si le radium était dangereux, ça se saurait ! ». On pense même le contraire : apparemment c’est bon pour le teint ! Les filles s’amusent donc avec la peinture : elles en mettent sur les ongles, les vêtements en soirée, et même sur les dents pour faire rire les copains ! C’est d’ailleurs ce qui leur a value nombreux surnoms, elles n’arrêtaient pas de briller !

C’est dans ce contexte scandaleux que la dessinatrice Cy raconte le terrible destin des Radium Girls. Des jeunes femmes injustement sacrifiées, et totalement effacées de l’histoire.

Le dessin 🎨

C’est la deuxième fois que je découvre le trait de crayon de Cy ! La première fois, c’était dans le roman graphique Cher Corps de Léa Bordier, avec le portrait de Blaise, qui m’a beaucoup touché. Cette fois-ci, il s’est passé la même chose ! Même si la technique de dessin est très différente, j’apprécie une nouvelle fois le choix des couleurs harmonieux et les émotions qui passent au travers les personnages.

Avec Radium Girls, l’usage des couleurs est original. Cy utilise une palette très restreinte avec un camaïeu allant du violet au bleu. De cette manière, elle peut faire ressortir les touches de radium ressortent plus facilement avec une sorte de « vert radioactif ». Ces teintes donnent une dimension très rayonnante à l’histoire, un peu comme des aurores boréales…

Radium Girls – Cy

Mon avis 👀

Un gros coup de cœur. Et beaucoup de rage.

C’est un livre très addictif. Le suspense est présent de la première page jusqu’à la dernière. Dès le départ, le ton est donné, on sait, on sent ce qu’il risque de se passer. Et pourtant… Impossible de ne pas s’attacher aux Radium Girls, à leur amitié, à leur sensibilité et à leur caractère. Mais derrière l’insouciance de ces jeunes femmes se cache une sombre partie de l’histoire.

Cette histoire, je suis surprise de ne jamais en avoir entendu parler. D’une part car c’est un élément qui a touché de nombreuses personnes dans le monde, mais aussi parce que « grâce » à ce scandale que le monde du travail a évolué. À l’issue de ce combat sont nées les premières agences gouvernementales sur la santé au travail, connue aujourd’hui outre-Atlantique sous le nom de Occupational Safety and Health Administration. Un grand pas dans la lutte des classes…

En bref, c’est un livre que je recommande vivement !

(P.S. si on actuellement est dans la même promo ou sur le même campus, sache que le livre est dispo à la BU !)

Radium Girls – Cy

Pour aller plus loin

Si ce type de lecture ou de contenu vous intéresse je peux vous conseiller :

  • Ni vues ni connues, par le collectif George Sand. Un livre qui donne à reconnaitre 75 femmes qui ont marquées l’histoire sans qu’on le sache ou sans que l’on s’en souvienne ! (Merci à la petite sœur pour la reco !)
  • La chaine de Audrey GG et sa série « Virago » qui peint des portraits de femmes inspirantes et peu connues qui ont fait « bouger les lignes »
  • Les cullotées de Penelope Bagieu qui met en avant, aussi sous forme de BD, des femmes « qui ont lutté contre vents et marées pour faire ce qu’elles avaient à faire ».
  • L’amitié entre les femmes victimes du radium m’a fait penser à l’amitié entre les ouvrières de la série Las Chicas del Cable…
  • La couverture du livre brille dans le noir et je trouve que c’est un malin clin d’œil !

L’interview de Cy sur la chaîne de Nota Bonus

La présentation de Radium Girl par Cy !

Classique, Historique, Jeunesse

Matin brun de Franck Pavloff

61josvPMvBL.jpg

Résumé :

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat Brun.

Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.

Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?

Lire la suite « Matin brun de Franck Pavloff »

Classique, Dramatique, Historique

Si c’est un homme de Primo Levi

Résumé :

On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant.

Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce. C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur. Peu l’on prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité.

Lire la suite « Si c’est un homme de Primo Levi »

Historique, Mangas, seinen

Arte de Kei Ohkubo

Résumé :

Florence, début du 16e siècle. Dans ce berceau de la Renaissance, qui vit l’art s’épanouir dans toute sa splendeur, une jeune aristocrate prénommée Arte rêve de devenir artiste peintre et aspire à entrer en apprentissage dans un des nombreux ateliers de la ville… Hélas ! Cette époque de foisonnement culturel était aussi celle de la misogynie, et il n’était pas concevable qu’une jeune femme ambitionne de vivre de son art et de son travail. Les nombreux obstacles qui se dresseront sur le chemin d’Arte auront-ils raison de la folle énergie de cette aristo déjantée ?

Au début du XVIème siècle, la plupart des filles de la noblesse recevaient une éducation au rabais par rapport aux garçons du même milieu… On leur apprenait juste les bonnes manières, les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul, la couture et la musique… car ces femmes étaient cantonnées à la maison et rares étaient celles qui bénéficiaient d’une instruction complète. Tout ce qu’on demandait aux femmes était d’être de bonnes épouses, d’avoir des enfants et de bien les élever… Bref, elles étaient comme des oiseaux en cage.

Lire la suite « Arte de Kei Ohkubo »

Bande-dessinée et roman graphique, Dramatique, romance

Sambre, Plus ne m’est rien de Yslaire et Balac

Résumé :

« C’est l’histoire d’une famille déchirée par la mort, la haine et les passions. Nous sommes au XIXe siècle, en 1847, au temps de Louis-Philippe. Le père Sambre, prénommé Hugo, vient de mourir. Sa veuve ne semble guère affectée… »

Lire la suite « Sambre, Plus ne m’est rien de Yslaire et Balac »