album, illustrations, Jeunesse, Poésie

« Maman ! » d’Hélène Delforge et de Quentin Gréban

Maman

Maman. Un des premiers mots du monde. Un nom unique, porté par des milliards de femmes. Un mot pour dire l’amour, la tendresse, le lien, parfois le manque. Il y a autant de mamans qu’il y a d’enfants. Pourtant, sur tous les continents, lorsqu’elles prennent leur bébé dans les bras, les mamans se ressemblent.

Cet album évoque la maternité sous plusieurs angles, entre amour, tendresse, lien, manque, fatigue et transmission. Certaines pages peuvent faire écho à des vécus sensibles autour de la relation mère-enfant, de l’absence, du rôle maternel ou des attentes sociales qui pèsent sur les femmes et les mères.

Planche extraite de l'album. Sert d'exemple.

Il ne faudrait pas juger un livre à sa couverture… Pourtant, pour moi, cet adage ne fonctionne pas toujours ! J’ai été attirée par cet album comme une abeille par une fleur ! Et je l’ai lu d’une traite, parce qu’il est magnifique.

Cette illustration de couverture reflète parfaitement l’esprit du livre : une femme tient son enfant contre elle, dans un geste de protection, de tendresse et d’amour.

*

Tu n’es pas un frein, tu es mon moteur.
Tu n’es pas un fardeau, tu es mon porte-bonheur.

Planche extraite de l'album. Sert d'exemple.

Ce livre ressemble à une déclaration d’amour aux mères, mais une déclaration qui prend plusieurs formes. À travers les dessins et les mots, cet album évoque la place des mères dans la vie des enfants, mais aussi dans la société. Une grande diversité de mères y est représentée : des mères de différents pays, de différents milieux sociaux, de différents âges et de différentes époques.

Les textes et les illustrations semblent retenir quelque chose de ces liens : leur douceur, leur force, leurs gestes et leurs silences. Il y a les premiers pas, les premières disputes, les premiers câlins, les premiers mots et les premiers “je t’aime”. L’album rassemble ainsi trente portraits.

Ce que j’aime dans cet album, c’est qu’il ne semble pas parler d’une seule manière d’être mère. Il rassemble plutôt des fragments de maternité : la douceur, la protection, la fatigue, la peur, la fierté, la transmission, parfois aussi le manque. Le mot “maman” peut évoquer beaucoup d’amour, mais il peut aussi toucher des zones plus fragiles selon les histoires de chacun.e.

L’album rappelle aussi que la maternité n’est pas seulement une histoire intime. Elle est traversée par des attentes sociales très fortes, dans de nombreuses sociétés : être disponible, aimante, courageuse, protectrice, presque inépuisable. Derrière la douceur des textes et des images, se devine pourtant tout ce que la société demande aux mères, parfois sans vraiment reconnaître leur fatigue, leurs renoncements, leurs ambivalences ou leur complexité.

*

Ma maman disait
Quand tu as froid, j’ai froid.
C’est vrai.
Non.
Quand tu as froid, j’ai TRÈS froid .

Planche extraite de l'album. Sert d'exemple.

J’ai vraiment apprécié ce livre : je le trouve magnifique. Il est beau dans presque tout, que ce soit les illustrations, les mots ou l’intention. Il met aussi en lumière, avec douceur, la condition des femmes, des mères et de leurs enfants. Il montre des moments tendres, mais aussi des réalités plus difficiles, tout en conservant une grande délicatesse. C’est superbe !

Néanmoins, je ne le recommande pas forcément à tous les enfants… Il peut bien sûr être lu par des lecteur.ice.s de différents âges, et être admiré pour ses illustrations, mais je doute qu’un enfant de huit ans saisisse toutes les références, comme celle à Big Brother 🙄

Malgré son format d’album jeunesse, je le vois presque davantage comme un livre à lire aussi avec un regard adulte. Les enfants peuvent être touché.e.s par les images, la tendresse et la musicalité des textes, mais certaines références, certaines nuances et certaines émotions parleront peut-être plus fortement aux adultes.

*

Tu es au bord des mondes.
L’un disparaît, l’autre se détruit.
Au milieu trouve ta voie.
Garde l’amour, le bonheur d’être toi,
La saveur des instants,
La joie d’être parmi les autres,
Le courage de changer,
La nécessité du partage et le goût du rire.
SI tu suis ces idées, chacune de tes journées,
Si tu restes toi-même, partout même en famille,
Si tu sais écouter, mais refuses de juger,

Tu seras une femme, ma fille.

Planche extraite de l'album. Sert d'exemple.

Les illustrations m’ont un peu fait penser à l’univers de Gaëlle Boissonnard… Bon, je dis peut-être ça parce que j’avais son calendrier de 2018 sous les yeux à l’époque… Mais certains tons me semblent proches, et l’ensemble dégage la même impression de douceur et de délicatesse.

Cela dit, les illustrations de Quentin Gréban gardent bien leur propre identité : elles ont quelque chose de très sensible, presque suspendu, qui accompagne parfaitement les textes d’Hélène Delforge.

Illustration de Gaëlle Boissonnard.

3 réflexions au sujet de “« Maman ! » d’Hélène Delforge et de Quentin Gréban”

    1. Il l’est complètement ! Si tu veux voir plus d’illustrations, ou découvrir une autre vision de cet album, je te conseille les vidéos Chronique #1 d’Au Pied de la Lettre (https://youtu.be/fA321cjLNnQ) et Book Haul | Mars – Avril – Mai 2018 de La Papote Livresque (https://youtu.be/oFZG6f6izBk). Tu y trouveras leurs avis, ainsi qu’un aperçu de toute la beauté de cet ouvrage 😊

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire