
Avertissement de contenu :
Cette chronique évoque une nouvelle jeunesse autour de l’urbex, de lieux abandonnés, d’une ambiance d’Halloween, de quelques frissons et d’une exploration potentiellement dangereuse.
Petit rappel au passage : dans la vraie vie, l’urbex peut être risqué et parfois illégal selon les lieux visités. Cette chronique parle d’une fiction, pas d’une invitation à explorer des bâtiments abandonnés sans précaution.
Résumé 🎃
Le Maine. Brad, jeune adolescent de douze ans, part explorer une usine désaffectée avec sa cousine, Ashleigh, adepte de l’urbex. Une sacrée idée pour un soir d’Halloween, non ?
« Des gouttes s’écrasent sur ma vitre, en silence. Il y a un peu de vent, je vois les arbres qui bougent dehors, avec leurs feuilles, marron et toutes sèches, qui partent par poignées épaisses. Je me redresse un peu sur mon lit, soupire, c’est long d’attendre. »
Un thème original :
L’urbex est l’abréviation d’urban exploration, soit exploration urbaine. Plus précisément, il s’agit d’une pratique qui consiste à visiter des lieux abandonnés ou délaissés : anciens bâtiments, usines, souterrains, châteaux, lignes de métro désaffectées, friches industrielles…
Cette pratique est aussi liée à plusieurs formes artistiques, notamment la photographie, la vidéo, le graffiti ou encore certaines installations visuelles. Les lieux abandonnés fascinent parce qu’ils racontent quelque chose : le passage du temps, la mémoire des bâtiments, l’oubli, la ruine, parfois même une forme étrange de beauté.
Lire une nouvelle jeunesse sur ce thème m’a donc semblé vraiment intéressant. L’urbex apporte tout de suite une ambiance particulière : du mystère, de l’interdit, du danger, mais aussi une vraie curiosité pour les lieux que la plupart des personnes ne regardent plus.
« Elle fait défiler des images impressionnantes, des grandes pièces vides aux plafonds à demi effondrés, une énorme entaille qui traverse le sol des étages au-dessus et se perd dans les ténèbres.
Des matelas éventrés de leur mousse accumulés contre un mur où des vieilles affiches scolaires partent en lambeaux. Un fauteuil roulant rouillé dans un couloir aux carrelages défoncés. »
Mon avis : une lecture sympathique, mais pas totalement convaincante 💭
Je ressors un peu mitigée de cette nouvelle.
Le grand point fort d’Urbex, c’est son originalité. J’ai beaucoup aimé l’idée de suivre de jeunes personnages qui partent à l’aventure, brisent un interdit et s’enfoncent dans un lieu abandonné un soir d’Halloween. L’ambiance étrange fonctionne bien, les décors sont visuels, et certains passages donnent de petits frissons très agréables.
J’ai aussi trouvé qu’une légère critique sociale semblait se dessiner en arrière-plan, ce qui rendait le texte plus intéressant qu’une simple histoire de peur. Et je dois bien avouer que la fin m’a surprise !
En revanche, j’ai trouvé que la tension avait un peu de mal à monter sur cette vingtaine de pages. L’ambiance est là, les décors sont bien décrits : la grille, l’herbe grouillante, l’usine, les pièces abandonnées, mais certains choix de vocabulaire m’ont parfois freinée.
Ce n’est pas un problème énorme, plutôt un petit décalage de registre. Le texte oscille entre un langage très jeunesse et des formulations plus élaborées. En soi, cela ne me dérange pas : à partir du moment où le texte reste fluide et compréhensible, je peux très bien passer au-dessus. Mais ici, certains passages m’ont paru moins cohérents avec les pensées de Brad, qui a douze ans.
Par exemple, des phrases comme « J’attrape mon téléphone sur le monticule de mangas entre le sommier et le mur » côtoient des formulations beaucoup plus orales comme « Il fait quand même vachement peur et je n’ai pas trop osé y jouer ». Ce mélange n’est pas impossible, mais il m’a parfois sortie du récit.
C’est un peu dommage, parce qu’avec un registre légèrement plus homogène, cette nouvelle pourrait sans doute toucher un public encore plus large.
Cela dit, je n’ai pas envie d’être trop négative. Dans l’ensemble, Urbex m’a donné de petits frissons qui m’ont rappelé l’époque où je dévorais les Chair de Poule. Et c’est déjà un très bon point !
La lecture collait aussi parfaitement avec une exposition d’urbex découverte le même jour à Honfleur, en Normandie. Comme quoi, parfois, les choses tombent plutôt bien. 😊
Finalement, je conseillerais surtout cette nouvelle aux nostalgiques des Chair de Poule, aux jeunes lecteur.ice.s qui aiment les histoires étranges, ou aux personnes curieuses de découvrir une fiction courte autour de l’urbex.
D’ailleurs, ma petite sœur est encore tentée, haha ! Elle va finir par me piquer tous mes livres, à défaut de me voler mes fringues 😄
Remerciements :
Je remercie encore une fois les Éditions de La Caravelle, ainsi que l’auteur KeoT, pour cette découverte. Merci également au site SimPlement Pro.
2 réflexions au sujet de “Urbex, de KeoT : frissons d’Halloween dans une usine abandonnée 🎃”