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Cette chronique évoque un manga de fantasy autour d’un monde marqué par les conflits entre espèces, la disparition progressive des humains, la persécution, l’esclavage, la fuite, la solitude et la relation protectrice entre une enfant et un gardien de la forêt.
Résumé de l’éditeur
L’équilibre du monde, régi par différentes créatures fantastiques telles que les esprits, lutins, gobelins, est mis en péril par l’homme, qui persécute et exploite la nature. Devant ce désastre qui les attend, deux personnages que tout oppose ; un Golem gardien de la forêt et une jeune fille humaine, vont s’allier pour tenter de réparer le mal fait. Un long périple les attend alors…
Découverte du manga 📚
J’ai découvert cette saga grâce à la chronique de Le Temps des Livres. L’univers me faisait très envie, le nombre de tomes parus restait compatible avec mon porte-monnaie, et il était enfin temps de piocher dans ma liste « articles de blogs intéressants et conseils » ! (lien vers sa chronique).
Un monde étrange peuplé de créatures fantastiques 🌿
Le monde de Somali et l’esprit de la forêt est désormais peuplé d’une multitude de créatures non humaines. À la suite de guerres et de querelles incessantes, les humains ont presque disparu de la surface.
Les rares survivant.e.s sont persécuté.e.s, chassé.e.s ou réduit.e.s en esclavage. C’est dans cet univers à la fois merveilleux et hostile qu’un Golem, gardien de la forêt, découvre une petite fille humaine : Somali.
À partir de cette rencontre, un lien très fort va les unir. Le Golem décide alors de protéger Somali et de l’accompagner dans un long voyage, marqué par les dangers, les rencontres et la découverte d’un monde aussi fascinant qu’inquiétant.

Somali et le Golem : une tendresse inattendue 🌟
Ce premier tome reste assez introductif, mais il permet déjà de comprendre la dynamique émotionnelle entre Somali et le Golem.
Somali est une petite fille que tout émerveille. Elle observe le monde avec curiosité, douceur et enthousiasme. Ses réactions sont pleines de tendresse, je l’adore !
Le Golem, qu’elle appelle « Père », est plus difficile à cerner. Son espèce n’est pas particulièrement expressive, plutôt taiseux, et son rôle consiste avant tout à veiller sur la forêt, pas à développer des liens affectifs.
Pourtant, avec Somali, quelque chose change. Peu à peu, une relation très forte se construit entre eux. Le Golem reste calme, presque impassible, mais sa manière de la protéger, de l’accompagner et de veiller sur elle devient profondément touchante.
C’est simple, doux, inattendu, et vraiment très beau.

Des planches riches et contemplatives 🍃
Le trait est marqué, fin et très détaillé. J’ai pris beaucoup de temps à lire ce manga, justement parce que les planches sont d’une grande richesse : chaque page donne envie de s’arrêter, d’observer les décors, les créatures, les plantes, les petits détails cachés.
L’univers fantasy est totalement immersif. La diversité des espèces végétales et animales, les décors merveilleux et les éclats de magie donnent presque envie de traverser les pages.
Il y a un vrai aspect contemplatif dans ce manga. La lecture ne pousse pas seulement à avancer dans l’intrigue : elle invite aussi à regarder, à se perdre dans les paysages, à ressentir l’étrangeté et la beauté de ce monde.
C’est d’ailleurs une sensation que j’ai souvent retrouvée dans certaines publications des éditions Komikku : des récits qui prennent le temps d’installer une ambiance, un univers et une forme de douceur visuelle.

Altérité, mémoire et rapport au vivant 🌱
La question des espèces et de l’altérité traverse déjà ce premier tome. Le manga met en scène un monde où les humains ne sont plus l’espèce dominante, mais une minorité traquée, persécutée ou réduite en esclavage.
Ce renversement est assez intéressant, parce qu’il interroge la peur de l’autre, les rapports de domination et la manière dont une société peut justifier la violence envers celles et ceux qu’elle considère comme différent.e.s.
J’ai l’impression que cette réflexion prendra encore plus d’importance dans les prochains tomes, notamment autour de la tolérance, de la mémoire et de la transmission. Le devoir de mémoire semble d’ailleurs avoir une vraie place dans la saga, mais je ne peux pas vraiment en dire plus pour le moment.
Au niveau de l’histoire, j’ai retrouvé certains échos avec L’Enfant et le Maudit de Nagabe (ma chronique ici), notamment dans la relation entre une enfant vulnérable et une figure protectrice étrange, presque inquiétante au premier abord. Pour l’univers, les décors et les créatures, certaines ambiances m’ont aussi fait penser au manga Minuscule de Takuto Kashiki et aux BD Ekhö, monde miroir d’Arleston et Barbucci (ma chronique à lire ici).
J’ai également été assez surprise par les caractéristiques du Golem. Ici, il s’agit d’un esprit de la forêt, une sorte de gardien protecteur lié au vivant. Dans certaines traditions, le golem est plutôt une créature façonnée à partir de matière inerte comme de la terre, de l’argile, ou de la boue, et animée par une force extérieure. Il est souvent présenté comme un être sans véritable libre arbitre, incapable de penser ou de parler par lui-même.
Le manga prend donc des libertés avec cette figure mythologique, mais je trouve justement ce choix intéressant. En faisant du Golem un gardien de la forêt, l’histoire le rattache davantage à la protection du vivant, au silence, au devoir et à une forme de sagesse très ancienne.

Mon avis : un manga doux, étrange et prometteur 💭
Je suis très contente de cette lecture, et j’ai hâte de découvrir la suite qui m’attend déjà dans ma bibliothèque !
J’avais peur que la saga soit uniquement « jolie », avec un bel univers et des dessins contemplatifs, mais ce premier tome laisse déjà entrevoir une vraie réflexion sur l’altérité, la protection, la mémoire et le rapport au vivant. Tout cela se construit doucement, sans lourdeur, et j’espère que les prochains tomes continueront dans cette direction.
Finalement, Somali et l’esprit de la forêt est un manga calme, doux et étrange, qui peut vraiment redonner le sourire 😊

Ooh, eh bien contente que tu aies apprécié la tendresse et bienveillance de la petite, c’est un titre doux en effet et qui rappelle l’enfant et le maudit comme tu dis, j’espère que tu apprécieras toujours la suite 😊
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Merci !! ^^
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