
Résumé 🐉
Quand Fourmille prend son avion pour New York, elle est loin de s’imaginer que son voyage va prendre un tour étrange. Au milieu du vol, elle est abordée par une étrange créature qui lui demande si elle accepte l’héritage d’une tante disparue depuis 20 ans. Et après qu’un éclair ait touché le 747, c’est à bord d’un dragon qu’elle atterrit à New York. Elle découvre alors un monde complètement décalé, où tout est semblable à la Terre, mais tellement différent. Ici, pas d’électricité, et c’est dans un Manhattan d’heroic fantasy qu’elle se trouve plongée. Au cœur de l’intrigue, une race étrange, les Preshauns, qui semble dominer cet univers parallèle, Ekhö.
Avertissement de contenu :
Cette bande dessinée contient une enquête autour d’un meurtre, quelques scènes de violence, ainsi qu’une représentation très sexualisée du personnage féminin principal.

Miroir mon drôle de miroir 🎭
Ekhö est un monde miroir. C’est-à-dire qu’il est parallèle au nôtre, dans une autre dimension, et qu’il est difficile d’en traverser la frontière. Il est donc semblable au nôtre, à quelques différences près : les avions sont remplacés par des dragons, le métro par de gros insectes, la vie y est plus sauvage et tout est administré par de drôles de créatures : les Preshauns. Ils ressemblent à de mignons petits écureuils très maniérés et addicts au thé… Ici, aucune technologie ne fonctionne et il n’y a pas d’électricité. Les protagonistes doivent donc s’adapter au plus vite à ce nouveau monde ainsi qu’à leur nouvelle vie. S’il y a bien une chose à savoir à Ekhö, c’est que tout passage est irréversible !
Ce que j’aime dans ce principe, c’est que le monde d’Ekhö joue constamment avec le familier et l’étrange. New York reste reconnaissable, mais chaque élément du quotidien est déplacé, transformé, presque contaminé par la fantasy. Cela donne l’impression de visiter une ville connue à travers un miroir déformant.

Les personnages 👱♀️🧔
Fourmille est une femme attachante, forte et très indépendante ! C’est une vraie surprise ! Fourmille m’a plu parce qu’elle ne se contente pas de subir ce qui lui arrive. Elle râle, résiste, s’adapte, enquête et impose sa présence dans un monde qui cherche sans cesse à la déplacer ou à la regarder avant de l’écouter.
Le personnage de Yuri est plus classique. C’est un grand gaillard à lunettes, les cheveux en bataille et toujours en train de se plaindre. Il possède un côté protecteur envers Fourmille, mais leur entêtement ne fait pas toujours bon ménage ! Ce duo me fait penser à Raymond et Huguette de l’émission Scènes de ménages sur M6 ! Le duo fonctionne surtout grâce à leur opposition permanente. Fourmille et Yuri se chamaillent, se jugent, se fatiguent mutuellement, mais cette friction donne du rythme à l’enquête et rend leur progression assez savoureuse.
Faune et Flore 🌿
L’univers d’Ekhö est très riche ! De bulle en bulle, de nouvelles espèces spécifiques à ce monde apparaissent. De drôles de créatures peuplent ces lieux, et leur observation devient un véritable plaisir ! Des animaux toujours plus gros et toujours plus dangereux vivent ici parmi les humains… Un vrai régal à découvrir !

Mon avis 🙃
La couverture est très colorée, avec un dragon et une jeune femme blonde qui rappelle la Khaleesi du Trône de Fer de George R.R. Martin… Juste ce qu’il faut pour attirer mon regard ! L’univers est fantastique dans tous les sens du terme. Les créateurs de cette BD ont une imagination débordante. C’est un véritable plaisir de voyager de l’autre côté du miroir !
En revanche 🚨 j’ai beaucoup hésité avant d’acheter cette BD. En observant la couverture, j’ai été assez gênée par le physique hypersexualisé de Fourmille. J’avais peur que cela bascule dans un récit très sexualisé, ou que l’héroïne soit ultra-superficielle. J’ai beaucoup de mal avec cette représentation très « Barbie » des femmes qu’illustre Barbucci… 🚨 Cette partie « alerte au male gaze« , je l’ai ajoutée en 2022, soit cinq ans après ma première lecture. Je suis toujours dérangée par les dessins. Une part de moi aime beaucoup l’univers, très coloré et très riche. L’autre reste dérangée par la manière dont le corps de Fourmille est représenté : proportions irréalistes, poses très sexualisées, cadrages qui semblent parfois penser le personnage d’abord comme un objet de désir. Ce décalage me gêne d’autant plus que Fourmille est, par ailleurs, un personnage vif, drôle et volontaire. Petit spoiler : c’est pareil dans les prochains tomes…

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