Créatures fantastiques de Kaziya

Créatures fantastiques de Kaziya

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Résumé

La science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli. Descendante d’une lignée de mages, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction… Mais n’est-il pas déjà trop tard ? À la croisée de la médecine et de la magie, découvrez un bestiaire hors du commun !

L’histoire

On suit le quotidien de Ziska une petite fille descendant d’une lignée de mages. Elle a hérité de sa culture des connaissances en botaniques mais surtout en herboristerie, lui permettant de créer de potentiels remèdes « magiques ». Doté d’une grande sensibilité et d’un amour tendre pour les animaux, elle est devenue apprenti vétérinaire chez un certain maître Nico. Ce dernier, en tant que scientifique dans un monde ou la science est maître mot, ne pratique pas la magie de Ziska. Comment cela va-t-il se passer avec les créatures de ce beau monde ?

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De beaux dessins

Les dessins sont merveilleux, touchants, sensibles et mignons. C’est une lecture qui fut plutôt longue pour un manga tant je voulais savourer chaque dessin. Les personnages ont des traits tendres, les animaux sont magiques, les décors mais sont tellement beaux. Devant certaines scènes je mourrais d’envie de me transporter à leurs côtés. Les espaces ont un aspect « atelier » avec des sortes de collections d’objets divers, des pierres, des plantes, de gros livres d’anatomies ou de manuels sur les animaux… Que dire de plus ? L’univers est fantastiquement mignon.

Des thématiques intéressantes :

Ce manga est parsemé de débats/notions « sensibles » ! Les sujets abordés descendent de questionnements éthiques et scientifiques dans les branches de la médecine et de la botanique. On retrouve par exemple :

  • Être vétérinaire c’est émotionnellement un métier difficile. (Pour un vrai vétérinaire qui ne pense pas qu’au blé bien évidement). Il faut réussir à faire un bon diagnostic puis soigner le patient. Pour ce faire, on sent le recul que ce doit d’avoir le professionnel pour ne pas se laisser envahir par la tristesse de la situation, puis, pour réussir à soigner correctement. Le vétérinaire sait qu’il a la responsabilité d’une vie entre les mains et qu’un mauvais diagnostic ou un « oubli » peut condamner un être vivant. Il doit aussi émettre la possibilité de « laisser partir » un animal et de ne pas s’acharner pour essayer de le sauver. Après tout dépend de notre point de vue envers l’euthanasie… Il doit aussi supporter le fait que certains amis sont « mieux loties » que d’autres, les fameux privilèges ou préférence selon le type d’animal, la maltraitance qu’il peut y avoir. Sur la couverture (sans le rabat) on remarque aussi une petite pique, ça donne le ton.

  • Les méthodes pour soigner. La « magie » ? Les plantes ? La médecine moderne ? Que choisir ? C’est un débat dont on entend de plus en plus parler dans les médias. Il souligne des méthodes à l’aspect « révolutionnaire » suivit d’une fiabilité contestée. Avec l’essor de nouvelles pratiques, comme l’aromathérapie ou la lithothérapie, mais aussi l’apprentissage, en France, de pratiques médicales traditionnelles pour la plupart d’origines asiatiques, ou encore des propriétés des plantes, les interrogations sont multiples. Il est difficile d’avoir un avis constructif et de ne pas remplacer d’éventuelles connaissances par notre expérience personnelle. Normalement, il faudrait se référer à la méthode scientifique basée sur des hypothèses, la réalisation d’expérience avec le moins de biais possible, des résultats fiables, encore des études et pour finir le consensus scientifique. Sachant que la science a ses limites notamment au niveau de la santé, par exemple au niveau du biote, des microorganismes, des menstruations (coucou l’endométriose) ; sachant que cette science est « positionnée » encore une fois en faveur des hommes (coucou les gynécologues) ou de certaines ethnies (coucou les dermatologues) ; on peut se questionner sur les limites de la médecine moderne. Un autre problème s’ajoute à cela avec les pratiques « différentes », l’ostéopathie et l’acupuncture ne sont pas perçues comme de véritables médecines en raison du manque d’études (les échantillons ne sont pas assez grands, la difficulté de reproduction des soins), la lithothérapie se base sur aucune source, et le pouvoir des plantes que dire ? C’est quelque chose qui me chagrine un peu (ou je vais prendre position) parce que les médicaments sont composés de principes actifs comme les plantes, c’est chimique, mais il n’y a pas d’études et en l’absence de celles-ci que faut-il penser ? Par rapport à ses « méthodes pour soigner » que pense la médecine moderne dans ce débat ? Parce qu’en regardant l’Histoire, la majorité des populations ont utilisé ou utilisent encore des plantes pour se soigner ou soulager les maux. Sans s’occuper de l’aspect « sorcellerie », ces usages étaient parfois contestés et d’autres fois très apprécier. Aujourd’hui certaines personnes songent à apprendre ses techniques dans des buts thérapeutiques afin de minimiser l’utilisation de médicaments (pour éviter l’accoutumance aux microbes ou peut-être pour une question de bien-être) cependant aucun diplôme de ce type en botanique n’est valable en France (sauf pharmacien mais c’est une sous branche).

Ce ne sont surement pas les seuls thèmes, on pourrait peut-être évoquer l’héritage culturel de certaines pratiques ou que sais-je. Peut-être aussi que ces thèmes ont été idéaliser par un intérêt personnel ou pour les avoir évoqués en cours, mystère.

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Finalement,

Il semblerait y avoir que du positif avec ce livre ! Ce fut une très belle découverte de voir des personnages aussi tendres et bienveillants, un joli bestiaire, de beaux dessins, une histoire pleine de sens. Encore une fois ce fut une belle découverte avec les éditions Komikku !

Pour essayer de faire des parallèles cette série m’a beaucoup fait penser à Somali et l’Esprit de la forêt, l’Atelier des sorciers ou Minuscule. 😊

(J’espère ne pas m’être trop emballé le mélange animaux + botanique + le côté antiquaire me plait tellement ! d’ailleurs si vous avez des conseils de lectures dans la même branche je suis toute ouïe ^^)

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4 réflexions sur “Créatures fantastiques de Kaziya

  1. Puaah, elle est super bien ta chronique. Je l’avais déjà dit pour d’autres review à toi mais j’aime bien ta manière d’analyser et aborder les choses.
    Le titre ne m’intéresse pas plus que ça (du fait que je préfère l’action aux thèmes plus calmes ou mignons (Somali mais contente que tu aies aimé encore une fois) surtout avec ma PAL) mais j’essaierai de voir si ma media l’a.

    Aimé par 1 personne

    • Ohh merci beaucoup ! 😮 J’ai souvent peur de partir trop loin ou que la densité soit pénible à lire :’) mais ce que tu dis me rassure haha ^^
      Ah oui niveau action ce n’est pas folichon :’) Somali aborde d’autres thématiques importantes avec la tolérance toussatoussaa et comme tu le dis le rapport à la haine (je viens de relire ta chronique) peut-être pour ça que ça soit « passer » avec toi malgré le manque cruel d’action ^^

      Aimé par 1 personne

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