
Avertissement de contenu ⚠️
Ce manga aborde la maladie, la disparition progressive d’espèces fantastiques, la souffrance animale, le soin vétérinaire, l’euthanasie animale et les tensions entre science, magie et pratiques traditionnelles.
Résumé :
La science a remplacé la magie dans le cœur des êtres humains. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli.
Descendante d’une lignée de mages, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction.
Mais n’est-il pas déjà trop tard ?
À la croisée de la médecine et de la magie, découvrez un bestiaire hors du commun !
L’histoire : soigner les créatures oubliées 🐉
L’histoire suit le quotidien de Ziska, une jeune fille descendante d’une lignée de mages. Elle a hérité de sa famille des connaissances en botanique, mais surtout en herboristerie, qui lui permettent de créer de potentiels remèdes « magiques ».
Dotée d’une grande sensibilité et d’un amour tendre pour les animaux, elle est devenue apprentie vétérinaire auprès de maître Nico.
Ce dernier, en tant que scientifique dans un monde où la science est devenue le maître mot, ne pratique pas la magie de Ziska. Entre médecine moderne, savoirs anciens, magie et soin du vivant, une question se pose : comment ces deux visions vont-elles cohabiter face aux créatures de ce monde ?

Des dessins doux, tendres et merveilleux 🎨
Les dessins sont merveilleux, touchants, sensibles et mignons. Pour un manga, ma lecture a été plutôt longue, tant j’avais envie de savourer chaque dessin.
Les personnages ont des traits tendres, les animaux sont magiques, et les décors sont tellement beaux. Devant certaines scènes, j’avais envie de me transporter à leurs côtés.
Les espaces ont un aspect « atelier », avec des sortes de collections d’objets divers : des pierres, des plantes, de gros livres d’anatomie, des manuels sur les animaux… Que dire de plus ? L’univers est fantastiquement mignon.
Des thématiques sensibles et passionnantes 🌿
Ce manga est parsemé de notions sensibles et intéressantes. Les sujets abordés touchent à l’éthique, à la médecine, à la botanique, au soin, au rapport aux animaux et aux limites de certaines pratiques.
Ce manga est parsemé de notions sensibles et intéressantes. Les sujets abordés touchent à l’éthique, à la médecine, à la botanique, au soin, au rapport aux animaux et aux limites de certaines pratiques.
Être vétérinaire, par exemple, est un métier émotionnellement difficile. Il ne s’agit pas seulement d’aimer les animaux. Il faut réussir à poser un diagnostic, soigner correctement, garder suffisamment de recul pour ne pas se laisser envahir par la tristesse, tout en gardant une vraie sensibilité face à la situation.
Le ou la vétérinaire sait qu’une vie est entre ses mains, et qu’un mauvais diagnostic, un oubli ou une erreur peut condamner un être vivant. Il faut aussi parfois envisager de « laisser partir » un animal, sans s’acharner à tout prix pour le sauver.
Évidemment, cela dépend aussi du point de vue de chaque personne sur l’euthanasie animale, la souffrance, l’acharnement thérapeutique et la notion de bien-être.
Le manga permet aussi de questionner les différences de traitement entre les animaux. Certains sont mieux considérés que d’autres, selon leur espèce, leur utilité, leur rareté, leur beauté ou leur proximité avec les êtres humains. Les privilèges accordés à certains animaux, les préférences entre espèces et la maltraitance peuvent donc aussi être interrogés.
Médecine, magie et plantes : où placer la limite ? 🧪
Le manga pose aussi une question passionnante : quelles méthodes utiliser pour soigner ?
La magie ? Les plantes ? La médecine moderne ? Les savoirs traditionnels ? Les connaissances scientifiques ?
C’est un sujet délicat, car il existe de vraies tensions entre pratiques anciennes, médecines modernes, croyances, expériences personnelles et preuves scientifiques. Avec l’essor de pratiques comme l’aromathérapie, la phytothérapie, l’acupuncture, l’ostéopathie ou encore la lithothérapie, les interrogations sont multiples.
Certaines pratiques reposent sur des usages anciens, des traditions ou des observations empiriques. D’autres sont davantage encadrées par des études, des protocoles et des consensus scientifiques. Le problème, c’est qu’il est parfois difficile de distinguer ce qui relève d’un savoir éprouvé, d’une expérience personnelle, d’un effet placebo, d’un usage culturel ou d’une réelle efficacité démontrée.
Normalement, il faudrait se référer autant que possible à la méthode scientifique : formuler des hypothèses, réaliser des expériences en limitant les biais, obtenir des résultats fiables, reproduire les observations, multiplier les études, puis voir si un consensus scientifique émerge.
Mais la science a aussi ses angles morts. Certains sujets ont longtemps été sous-étudiés, notamment selon les populations concernées, le genre, l’origine, la couleur de peau, les pathologies ou les enjeux économiques. C’est par exemple le cas de nombreuses questions liées aux douleurs menstruelles, à l’endométriose, au microbiote, la dermatologie chez les personnes non-blanches, à certaines maladies chroniques ou encore à la manière dont les symptômes sont pris en compte selon les personnes.
Cela ne signifie pas qu’il faut rejeter la médecine moderne. Au contraire. Mais cela peut expliquer pourquoi certaines personnes se tournent vers d’autres pratiques, parfois par curiosité, parfois par héritage culturel, parfois parce qu’elles ne se sentent pas écoutées.
Concernant les plantes, le sujet me touche particulièrement. Beaucoup de médicaments contiennent des principes actifs issus ou inspirés du vivant. Les plantes peuvent donc avoir de véritables effets. Mais « naturel » ne signifie pas automatiquement « sans danger », et l’absence d’études solides peut rendre les choses compliquées à évaluer.
C’est précisément pour cela que le débat est intéressant : comment respecter les savoirs anciens, les pratiques traditionnelles et les liens au vivant, sans abandonner l’exigence de prudence, de vérification et de responsabilité ?
Il faut aussi parler des laboratoires pharmaceutiques et des intérêts économiques qui traversent le monde de la santé. La médecine moderne est indispensable, et il serait dangereux de la rejeter en bloc. Mais il serait tout aussi naïf d’oublier que les médicaments, la recherche, les brevets, les prescriptions et les traitements existent aussi dans un système économique.
Certaines personnes se méfient donc des laboratoires, parfois à tort, parfois avec de vraies raisons d’être prudentes. Le problème, c’est que cette méfiance peut ensuite être récupérée par des discours dangereux, qui rejettent toute forme de médecine conventionnelle au profit de pratiques non vérifiées.
Pour ma part, étant formée en phytothérapie, je sais que les plantes peuvent avoir de véritables effets. Mais je sais aussi qu’elles ont des limites, des contre-indications, des interactions possibles et qu’elles ne remplacent pas toujours un traitement médical. C’est justement là qu’il faut faire preuve de discernement : ne pas rejeter les plantes sous prétexte qu’elles ne viennent pas d’un laboratoire, mais ne pas rejeter la médecine moderne sous prétexte qu’elle est parfois prise dans des logiques économiques discutables.
Entre naïveté et méfiance totale, il existe une voie plus exigeante : celle de la prudence, de l’information, de l’esprit critique et du respect du vivant.
Bref ! C’est un vaste sujet de discussion !
Un manga doux, mais pas naïf 💭
Ce ne sont sûrement pas les seuls thèmes du manga. Il serait aussi possible d’évoquer l’héritage culturel de certaines pratiques, la disparition des savoirs anciens, le rapport aux espèces menacées, ou encore notre manière de considérer les animaux qui ne servent plus directement les intérêts humains.
Peut-être aussi que j’idéalise un peu certains thèmes, parce qu’ils font écho à mes propres centres d’intérêt : les animaux, la botanique, les soins, les savoirs anciens, les cabinets de curiosités et les petites choses magiques.
Mystère.

Mon avis : une très belle découverte ✨
Finalement, il semble y avoir surtout du positif avec ce livre !
Ce fut une très belle découverte : des personnages tendres et bienveillants, un joli bestiaire, de beaux dessins, une histoire pleine de sens et une ambiance toute douce.
Encore une fois, c’est une belle découverte avec les éditions Komikku !
Pour essayer de faire quelques parallèles, cette série m’a beaucoup fait penser à Somali et l’Esprit de la forêt, L’Atelier des Sorciers ou Minuscule !
J’espère ne pas m’être trop emballée, mais le mélange animaux + botanique + côté antiquaire me plaît tellement !!
(d’ailleurs si vous avez des conseils de lectures dans la même branche je suis toute ouïe ^^)

Pas de conseil de lecture mais ça fait très envie 😉.
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Pas de soucis 🙂
Tiens moi au courant si tu lis les créatures fantastiques !! 😀
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Puaah, elle est super bien ta chronique. Je l’avais déjà dit pour d’autres review à toi mais j’aime bien ta manière d’analyser et aborder les choses.
Le titre ne m’intéresse pas plus que ça (du fait que je préfère l’action aux thèmes plus calmes ou mignons (Somali mais contente que tu aies aimé encore une fois) surtout avec ma PAL) mais j’essaierai de voir si ma media l’a.
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Ohh, merci beaucoup ! 😮 J’ai souvent peur de partir trop loin ou que la densité soit pénible à lire. Mais ce que tu dis me rassure, haha. ^^
Ah oui, niveau action, ce n’est pas folichon. :’) Somali aborde d’autres thématiques importantes, avec la tolérance, et comme tu le dis, le rapport à la haine. Je viens de relire ta chronique. C’est peut-être pour ça que c’est passé avec toi, malgré le cruel manque d’action. ^^
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