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Les Enfants de Vénus T2 – L’Odyssée de M.S. Mage : prendre la mer pour retrouver la liberté 🌊

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Cette chronique concerne le tome 2 de la saga Les Enfants de Vénus. Elle contient donc probablement des spoilers sur le premier tome. Si vous n’avez pas lu le premier tome, je vous invite plutôt à lire ma première chronique : https://lescuriositesducameleon.wordpress.com/2017/10/22/les-enfants-de-venus-par-m-s-mage/#comments

Le roman aborde une société dystopique, la domination politique d’un groupe sur un autre, la privation de droits, l’exil, la reproduction contrôlée, la séparation amoureuse, la révolte, l’emprisonnement et la recherche de liberté.

Dans ce futur forgé par la Révolution de Vénus, où seules les femmes détiennent le pouvoir, la princesse Physalis et son procréateur Lime sont séparés malgré leur amour sincère. Banni aux Agoras, Lime tente de s’acclimater à sa nouvelle vie. Mais loin du royaume et de Physalis, il doit encore trouver sa place dans ce monde qui ne veut pas de lui. Pendant ce temps, Physalis et l’équipage de la Téméraire font route sur les eaux glacées du nord afin de retrouver son frère, bien déterminés à le sauver de son exil en prison et à le ramener au palais. Poursuivant leur quête de justice et de liberté, Physalis et Lime entament un nouveau voyage, semé de troubles et d’incertitudes…

Il y a trois cents ans, la Révolution de Vénus a permis l’avènement d’une société matriarcale dystopique. Les femmes sont au pouvoir, tandis que les hommes n’ont plus de droits.

La reproduction entre hommes et femmes ne se fait plus de manière naturelle, mais par insémination artificielle. Les sentiments, l’amour et le désir sont mis de côté. L’objectif principal est de faire naître des enfants, de préférence des filles.

Tout se poursuit ainsi jusqu’au jour où Physalis, princesse de Salissà, se révolte et décide de faire autrement. Elle veut concevoir un enfant de manière naturelle et choisit Lime comme procréateur.

Cette décision provoque une série d’événements qui bouleversent l’équilibre politique du royaume. À la fin du premier tome, Lime est envoyé en exil aux Agoras, tandis que Physalis part à l’aventure à bord de La Téméraire, à la recherche de son frère.

Le deuxième tome reprend peu de temps après la fin du premier. Même avec quelques souvenirs flous, il est donc assez facile de replonger dans l’histoire.

J’avais adoré le premier tome. C’était un véritable coup de cœur ! Avec un peu de recul, je le trouve toujours aussi fort, mais aussi très introductif. Les personnages et leurs sentiments étaient très bien décrits, tandis que la situation politique et l’univers global restaient parfois plus difficiles à visualiser.

Avec cette suite, l’univers prend davantage d’ampleur. Les enjeux politiques sont plus clairs, les personnages gagnent en profondeur, et certaines zones d’ombre commencent à se préciser.

J’aime toujours autant Physalis et Lime, peut-être même encore plus. Mais ce tome permet aussi à d’autres personnages de sortir de l’ombre, notamment Paulo, Rose et les membres de La Téméraire.

Physalis poursuit sa rébellion. Elle reste le personnage central de l’histoire, mais elle n’est plus seule à porter le récit. Le voyage à bord de La Téméraire permet de découvrir d’autres dynamiques, d’autres liens, d’autres formes de courage.

De son côté, Lime apprend à vivre loin de Physalis. Il doit apprendre à exister pour lui-même, dans un monde qui lui refuse encore une vraie place.

En apparence, il semble parfois faire comme si rien ne s’était passé. Mais tout a changé.

Pour reprendre l’image de l’allégorie de la caverne de Platon, c’est comme s’il avait découvert un autre monde, une autre façon de vivre, une forme de liberté, avant d’être ramené brutalement dans l’ombre. Après avoir vu autre chose, il ne peut plus regarder son ancienne condition de la même manière.

C’est ce qui rend son évolution si intéressante. Lime ne cherche pas seulement à retrouver Physalis. Il cherche aussi à comprendre ce qu’est une vraie liberté, au-delà de l’amour, de la survie ou du rôle que la société lui a assigné.

J’ai adoré le voir grandir. Je l’imagine un peu comme Ver Gris dans Game of Thrones, mais avec une introspection plus développée et une trajectoire plus intime.

Ce que j’aime dans cette saga, c’est l’idée d’un monde où les rapports de domination sont inversés. Dans beaucoup de dystopies, les femmes subissent un contrôle extrême de leur corps, de leur sexualité ou de leur capacité à enfanter. Ici, M.S. Mage propose un renversement : les femmes détiennent le pouvoir, tandis que les hommes sont réduits à une fonction reproductive et sociale très limitée.

Ce choix est intéressant, parce qu’il permet de déplacer le regard.

Voir les hommes privés de droits, assignés à un rôle biologique, exclus du pouvoir et dépossédés de leur liberté permet de ressentir autrement certaines violences habituellement dirigées contre les femmes dans les sociétés patriarcales.

Mais ce n’est pas seulement un simple « monde à l’envers ». Le roman interroge surtout ce qui se passe lorsqu’un groupe entier prend le pouvoir sur un autre et justifie cette domination au nom de l’ordre, de la survie ou du bien commun.

C’est là que la saga devient plus forte : elle ne parle pas seulement des femmes ou des hommes. Elle parle de pouvoir, de contrôle, de corps politiques, de reproduction, de liberté et de la manière dont une société peut rendre une oppression normale lorsqu’elle dure assez longtemps.

Cette lecture m’a laissé plusieurs questions.

Je me demande d’abord comment les personnages peuvent avoir vécu leur quotidien de manière aussi banale avant que tout bascule. C’est souvent le cas dans ce type de récit : un événement majeur change soudain toute la perception d’une situation. Les souvenirs d’avant existent, le quotidien était là, mais après la prise de conscience, tout semble étrange.

Je me demande aussi pourquoi cette société n’a pas recours à d’autres solutions technologiques, comme des robots ou d’autres formes d’organisation, pour remplacer certaines fonctions imposées aux hommes. C’est le genre de question un peu absurde qui me vient en tête, surtout après certains épisodes de Rick and Morty (Gazorpazorp junior S1E7) ?

Et surtout : pourquoi cette saga est-elle aussi peu connue ?

Vraiment. Pourquoi ?

Ce deuxième tome donne plus de corps à l’univers. Le premier tome posait les bases : la société de Salissà, la Révolution de Vénus, le rôle de Physalis, la place imposée à Lime, la reproduction contrôlée et la révolte intime qui devient peu à peu politique.

L’Odyssée ouvre davantage l’espace.

Le voyage permet de sortir du palais, de découvrir d’autres lieux, d’autres personnages, d’autres tensions. Le récit gagne en souffle. L’univers paraît plus vaste, plus vivant, plus dangereux aussi.

La plume de M.S. Mage reste très agréable à lire. Elle me semble même plus fluide et plus rythmée dans ce deuxième tome. Les émotions sont toujours présentes, mais l’aventure prend plus de place. Cela donne davantage d’ampleur à cet univers original.

J’ai eu un peu de mal à démarrer ma lecture, parce que je n’ai plus vraiment l’habitude de lire des sagas. Certains détails du premier tome m’échappaient, tout comme quelques prénoms.

Heureusement, je suis vite retombée dans le bain. Cette suite m’a même permis de prendre plus de recul sur le premier tome.

J’aime toujours autant l’univers, son originalité, ses personnages et les questions qu’il pose. Le fait que la sexualité soit séparée de l’amour et du plaisir, pour être uniquement ramenée à la reproduction, est glaçant. Le fait que les hommes soient réduits à leur utilité reproductive l’est tout autant.

Pour dire, l’histoire est tellement originale que ma maman (qui tiens en horreur la SF) a envie de le lire ! Victoire ! Peut-être la naissance d’une prochaine adepte ! Youpi !

Ce renversement rend la lecture inhabituelle et parfois très poignante. Il permet de voir autrement des mécanismes de domination qui existent déjà dans notre monde, mais sous d’autres formes.

J’ai aussi adoré voyager aux côtés de Physalis, découvrir La Téméraire, suivre l’évolution de Lime et retrouver cette atmosphère de révolte, d’amour contrarié et de quête de liberté.

Le seul petit point négatif concerne quelques longueurs vers la fin. Mais je pense que cela vient surtout de mon impatience. Rien de trop grave, donc.

La fin m’a surprise. Elle est belle, mystérieuse, un peu frustrante aussi, mais elle donne clairement envie de découvrir la suite !

Je tiens à remercier M.S. Mage pour ce service presse, malgré mon retard monstrueux et mes excuses un peu trop légères. J’ai vraiment adoré retrouver cet univers. Merci aussi à la plateforme Simplement Pro.

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