
Avertissement de contenu ⚠️
Ce roman contient une ambiance post-apocalyptique, des morts, des scènes de survie, une catastrophe environnementale, des comportements violents, des cadavres, de l’angoisse et une héroïne parfois très dure dans ses propos envers les autres.
Résumé de l’éditeur 📖
Une pluie mortelle s’abat sur la Terre : l’humanité est menacée de disparition. Ruby, 15 ans, part à la recherche de son père.
Je m’appelle Ruby Morris, et voici mon histoire. Si vous la lisez, vous avez énormément de chance d’être encore en vie.
Question : quand faut-il abandonner tout espoir ?
a) Maintenant. Immédiatement. On est foutus.
b) Dans deux semaines, environ.
c) Jamais.
d) J’imagine qu’il pourrait y avoir un d), mais s’il existe, je ne l’ai pas encore trouvé…
« »La pluie ». C’est tout ce que je me rappelle avoir entendu, au départ. « C’est dans la pluie. » »
L’histoire : quand la pluie devient mortelle 🌧️
Le début de l’histoire est assez original. L’héroïne raconte cette catastrophe comme si elle écrivait dans un journal destiné à de futur.e.s lecteur.ice.s. Elle commence d’une manière assez sarcastique :
« Si c’était juste une histoire – le genre de roman idiot qu’on lit pour se divertir -, le début serait génial ! Tellement fantastique que tout le monde voudrait en faire un film. » (voir Premières lignes – The Rain de Virginia Bergin).
De cette manière, elle met le doigt sur quelques éléments bien stéréotypés du cinéma hollywoodien. La Terre a déjà subi une grosse catastrophe causée par un astéroïde, mais un homme super fort, beau et intelligent a sauvé tout le monde, sous les applaudissements de sa copine.
Quelque temps plus tard, une pluie mortelle s’abat sur la Terre, et tout change.
Le poison est dans l’eau. Et, en dehors de l’air, quoi de plus dangereux et de plus vicieux que cet élément pour se répandre rapidement ? L’eau s’infiltre partout. Une fois au sol, elle peut descendre dans les nappes phréatiques et les canalisations. Comme le cycle de l’eau est un phénomène naturel impressionnant et parfois imprévisible, si les êtres humains ne peuvent plus l’exploiter, la menace devient potentiellement infinie.
Une seule goutte sur la peau suffit à tuer.
C’est donc très facile de se faire avoir par l’eau.
« Il n’y avait pas d’étoiles. On ne pouvait pas les voir, à cause des nuages pleins de bactéries mortelles. Il n’y avait pas non plus de brise. Juste le murmure de la pluie, qui chuchotait inlassablement : « Je vais te tuer ». Les oiseaux ne chantaient pas dans les arbres. Ils étaient trop occupés à picorer les yeux des morts. »
Ruby est une héroïne difficile à supporter 😬
La jeune fille qui raconte cette histoire se nomme Ruby. C’est une adolescente qui correspond beaucoup au cliché de l’ado en pleine crise existentielle. Tout l’énerve : ses parents, son beau-père, les cours… Elle a des ami.e.s sympas, mais son rêve principal reste de sortir avec le beau gosse populaire du lycée.
En dehors de ça, elle se comporte souvent de manière exécrable avec ses proches et semble avoir beaucoup de rage en elle.
Son beau-père, Simon, est quant à lui très réfléchi et attentionné.
Honnêtement, je ne sais pas trop comment décrire Ruby, parce qu’elle est insupportable. Son côté tête brûlée et son fort caractère lui permettent parfois de se sortir de situations délicates, mais elle a beaucoup trop de rage, de méchanceté et de dédain en elle.
C’est un personnage « fort », mais pas forcément réfléchi, et beaucoup trop méprisant à mon goût. Si l’histoire s’était déroulée dans un lycée ordinaire, elle aurait probablement été la peste de service.
C’est d’ailleurs un point étrange dans ce genre de livre. Souvent, il y a soit le personnage populaire mais anéanti, soit la fille « paumée » qui veut à tout prix devenir la reine de son lycée. Ici, Ruby semble être un curieux mélange entre ces deux archétypes.
Elle rêve de gloire, cherche la reconnaissance sociale, et n’hésite pas à rabaisser les autres pour affirmer sa prétendue supériorité. Elle est détestable.
« La cruauté du destin est sans limites. J’étais peut-être en compagnie du dernier garçon sur terre, et il fallait que ce soit un nerd. (A ne pas confondre avec un geek. Les geeks sont utiles, cool et parfois beaux gosses.) Et ce pauvre typa avait osé penser que lui et moi…Non, je ne peux même pas le répéter ! »
Mon avis : un univers fort, une héroïne épuisante 💭
Je ne sais pas si j’ai apprécié ou non ce livre.
D’un côté, le rythme est très fluide et l’histoire addictive. De l’autre, il y a Ruby. J’ai lu ce livre en deux soirées et je me rappelle avoir bassiné ma sœur et mon beau-père à table en leur disant que cet univers était génial.
Aujourd’hui, je n’en suis plus vraiment sûre.
Cette histoire d’eau toxique est très intéressante, parce qu’elle donne l’impression de parler d’une catastrophe presque possible. Après, cette lecture n’était peut-être pas la meilleure chose à faire au vu de l’actualité de l’époque, mais force est de constater que certaines situations reflètent tristement les comportements humains : dévaliser les supermarchés, accumuler du papier toilette, chercher des informations fiables, se méfier du gouvernement, céder à la panique, à la bêtise ou à la violence…
J’ai aussi été assez étonnée par certaines situations. En lisant un chapitre, je me disais parfois : « Oh, l’autrice n’a pas pensé à cette question, ça me perturbe. » Puis, dans le chapitre suivant, la réponse arrivait.
Ainsi, l’originalité du phénomène « H2O », couplée à certaines dénonciations et à une intrigue rythmée, en fait un roman très efficace.
En revanche, j’ai rarement lu un personnage aussi détestable.
Un stéréotype volontaire ? 🤔
C’est peut-être fait exprès, pour caricaturer certains personnages adolescents dans la littérature jeunesse. Ou pas.
J’ai du mal à accepter qu’un roman semble dénoncer autant de clichés, tout en faisant de son héroïne un stéréotype ambulant. Je trouve Ruby assez peu intéressante, et l’image renvoyée des adolescentes n’est pas très flatteuse.
Elle est accro à son téléphone, irrespectueuse, obsédée par la popularité, attirée par un garçon qui a « la cote », méprisante envers les personnes différentes, égocentrique, rarement reconnaissante et peu encline à se remettre en question.
Ce n’est pas que ce type de comportement n’existe jamais. Le problème, c’est que l’accumulation finit par ressembler à une vision très caricaturale de l’adolescence.
Et c’est justement ce qui me dérange.
La question du contenu dans mes lectures 📚
Je ne sais pas si j’ai apprécié ce livre, parce qu’il y a de très bons éléments, mais le personnage principal et ses idées ne me plaisent pas.
C’est aussi une lecture « marquante », parce qu’elle m’a fait me poser une vraie question concernant mes lectures : celle du contenu.
La littérature jeunesse m’ennuie et me déplaît de plus en plus, mais j’ai parfois du mal à me retrouver dans des lectures plus complexes. Ce roman m’a donc laissée dans une position étrange : intriguée par l’univers, agacée par l’héroïne, intéressée par les thématiques, mais pas entièrement convaincue.
Cela étant, j’ai acheté ce tome et sa suite d’occasion. Je lirai donc la suite prochainement pour me faire un avis plus complet sur la saga mais seulement si l’occasion se pointe !
Pour aller plus loin 🔎
Je me permets aussi de partager deux chroniques dont je rejoins plutôt les avis : celle de Tomabooks et celle des Critiques de Yuyine.
https://tomabooks.wordpress.com/2018/12/10/avis-the-rain-tome-01-virginia-bergin/
https://yuyine.be/review/book/h2o-tome-1-the-rain dont je rejoins les avis.
1 réflexion au sujet de “The Rain, de Virginia Bergin : quand l’eau devient l’ennemie numéro un 🌧️”