Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l’intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu’un lui fait signe et lui demande de l’aide. Dès lors, en suivant les instructions d’Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable… Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d’Andréa et de son frère Igor, est gravement malade… Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L’eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s’occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne… avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de son père.
À moins que tout cela ne fût qu’un rêve… ou pas !
Avertissement de contenu :
Cette bande dessinée évoque le deuil d’une mère, la maladie, l’empoisonnement, la pollution et l’inquiétude liée à la disparition ou à la fragilité d’un monde.
Bienvenue à Pandorient 🗝️
Au début de l’histoire, Martin, le père de Nola, lui offre la boîte à musique ayant appartenu à sa mère, Annah, décédée quelques temps plus tôt. Nola s’empresse de la prendre et la garde précieusement près d’elle.
Je sens alors à quel point cet objet est important et qu’il contient une partie de la mémoire d’Annah… Et peut-être même plus qu’il n’y paraît ! En effet, après avoir bien regardé à l’intérieur de la boîte, Nola aperçoit du mouvement : une forme de vie semble lui demander de l’aide… La boîte à musique devient alors bien plus qu’un souvenir : elle se transforme en porte d’entrée vers un monde que sa mère connaissait avant elle.
Ni une ni deux, Nola plonge à la rescousse ! Elle atterrit alors dans un drôle de monde, où plusieurs personne la prennent pour sa maman et où d’étranges évènements ont lieu…
Le dessin ✨
Les dessins sont tout simplement magnifiques ! Les traits ne sont peut-être pas aussi marqués que dans certaines autres bandes dessinées, mais ils ont quelque chose de doux, d’expressif et de merveilleux. Associés aux couleurs, ils donnent un résultat très immersif !
Je me suis directement sentie plongée dans ce monde mouvementé, très vivant, abondant, riche en couleurs et en détails. Pandorient donne envie de regarder partout, de s’arrêter sur les décors, les personnages, les créatures et les petits éléments cachés dans chaque page. Les apparences y sont parfois trompeuses !
Les dessins m’ont beaucoup fait penser à La Grande Ourse, d’Elsa Bordier et Sanoe, et aux Carnets de Cerise, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret. Bref, entre le soin apporté au livre, l’histoire enchanteresse et les très beaux décors, cette bande dessinée aurait presque pu trouver sa place dans la collection Métamorphose des éditions Soleil. Vous voyez de quoi je parle ? 😄
Nola, Igor, Andréa et Mathilda
Petits plus et échos d’autres œuvres 🔎
Bon alors je pars peu être trop loin, merci hémisphère droit, mais deux-trois choses m’ont intrigués dans cette BD :
Pandorient = Pandore + orient
Le nom Pandorient m’a immédiatement fait penser à Pandore. Je ne sais pas si vous connaissez le mythe gréco-romain de Pandore, mais je vous mets le lien vers une vidéo de Cyrus North, qui l’explique trente mille fois mieux que moi !
Dans le mythe, la boîte de Pandore est associée aux maux libérés dans le monde. Or, dans La Boîte à musique, il est souvent répété qu’à Pandorient, il ne faut faire confiance à personne et que le vice y règne. Peut-être qu’en ouvrant et en actionnant la boîte à musique, Nola, et sa mère avant elle, ont en réalité ouvert leur propre boîte de Pandore.
Dans ce cas, il ne reste peut-être qu’une chose : l’espoir.
Ce que je retiens surtout de Pandorient, c’est l’impression d’un monde foisonnant, coloré et merveilleux. Les costumes, les décors, le jardin botanique, l’herboristerie et l’abondance de détails donnent à cet univers une identité visuelle très forte. C’est un monde plein de plantes, de créatures étranges, de mystères et de dangers cachés.
Note de reprise : dans la première version de cette chronique, j’avais tenté d’analyser le nom de Pandorient à partir du mot « Orient ». Aujourd’hui, je préfère éviter ce terme lorsqu’il n’est pas nécessaire, car il peut regrouper de manière floue des réalités culturelles très différentes depuis un point de vue européen. Je choisis donc de parler plutôt d’un monde foisonnant, coloré et merveilleux.
L’herboriste de Pandorient
J’ai aussi l’impression que la maladie qui touche Mathilda n’est peut-être pas seulement une simple maladie. Difficile d’en dire plus sans spoiler, mais quelque chose semble se cacher derrière cette fragilité. Comme si l’histoire racontait une aventure merveilleuse aux plus jeunes, tout en laissant deviner une réalité plus douloureuse en arrière-plan.
Le passage d’un monde à l’autre m’a également rappelé plusieurs œuvres. La serrure de la boîte à musique joue un rôle de porte magique, un peu comme l’armoire dans Le Monde de Narnia, de C. S. Lewis, ou le quai 9 ¾ dans Harry Potter, de J. K. Rowling.
J’ai aussi pensé à Arthur et les Minimoys, de Luc Besson, pour l’idée du rapetissement et du passage vers un mini-monde caché. Ici, ce n’est pas à travers un télescope que Nola atterrit dans un autre univers, mais grâce à la serrure de la boîte à musique.
Enfin, difficile de ne pas penser à Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll. Nola navigue entre son monde et un autre monde extraordinaire, peuplé de créatures étranges et de règles parfois déroutantes. Peut-être que Pandorient est un véritable monde parallèle. Peut-être aussi qu’il peut se lire comme un espace symbolique, une manière pour Nola d’affronter le deuil et de garder un lien avec sa mère
Cette ambiance m’a aussi rappelé Monsterbox, un court film d’animation réalisé en 2012 par Ludovic Gavillet, Derya Kocaurlu, Lucas Hudson et Colin Jean-Saunier. J’y ai retrouvé quelque chose de l’herboristerie, des créatures curieuses et de cet univers à la fois drôle, tendre et un peu étrange.
Mon avis 💬
Je pense que vous avez dû le remarquer, mais c’est encore une fois une bande dessinée que j’ai adorée ! Que ce soit du côté du texte ou des dessins, l’équilibre fonctionne très bien. Les personnages sont attachants, pleins d’énergie, et l’arrivée de Nola à Pandorient donne immédiatement du rythme au récit.
L’histoire est prenante, colorée, mystérieuse, et des sujets importants sont évoqués avec malice, sans alourdir la lecture. Derrière l’aventure merveilleuse, il est déjà question de deuil, de maladie, de pollution, de confiance et de transmission.
J’aurais peut-être seulement aimé que le monde de Pandorient ou l’intrigue soient davantage développés, mais il s’agit d’un premier tome : la suite aura sûrement le temps d’approfondir tout cela. Pour une entrée dans l’univers, Bienvenue à Pandorient fonctionne très bien et donne clairement envie de continuer la série ! 😄
Je m’appelle Camille Blanchin. Botaniste de profession, installée dans les jolies montagnes des Alpes, je suis une grande curieuse de nature. Entre deux inventaires de terrain, je parle ici de littérature, de BD, de mangas, d’écologie, de féminisme, de représentations LGBTQIA+, de cultures de l’imaginaire et de toutes les œuvres qui me donnent matière à réfléchir 🌿
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4 réflexions au sujet de “La boîte à musique, Bienvenue à Pandorient, de Gijé et Carbone”
Ta chronique est passionnante et donne vraiment l’envie de découvrir cet ouvrage aux magnifiques illustrations.
Ta chronique est passionnante et donne vraiment l’envie de découvrir cet ouvrage aux magnifiques illustrations.
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Merci beaucoup ! 😊
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Les dessins ont l’air superbes et ta chronique donne envie de découvrir cette oeuvre, merci !
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Merci beaucoup ! Au plaisir, c’est vraiment une superbe BD 😊
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