
Avertissement de contenu ⚠️
Cette chronique évoque un roman traversé par des sujets sensibles : violences politiques, répression, censure, exil, deuil, disparitions, séparation familiale, mémoire traumatique, surveillance, peur, silence imposé et périodes sombres de l’Histoire de la Chine, notamment autour de la Révolution culturelle et de Tian’anmen.
Résumé :
À Shanghai, pendant la Révolution culturelle, deux familles d’artistes nouent des liens que rien ne viendra briser. Des décennies plus tard, à Vancouver, une jeune femme entreprend de reconstituer leur histoire à l’aide du Livre des traces, un roman sans début ni fin, à la fois fictif et véridique, qui semble renfermer toutes les vies possibles. Ainsi débute une étourdissante quête des origines entre les mailles de l’histoire, la vraie, et l’inventée.
Dans cette saga d’une humanité renversante, Madeleine Thien dépeint la Chine, des années trente jusqu’au nouveau millénaire, de la place Tian’anmen jusqu’au désert de Gobi. Elle raconte aussi l’injuste silence autour des disparus, la résilience, la force de la mémoire, le pouvoir de la musique et de l’écriture.
Roman total d’une minutie presque irréelle, Nous qui n’étions rien pose avec compassion une question à jamais pertinente : qu’est-ce qu’une société juste ?
Avant-propos : une chronique difficile à écrire ✍️
En plus d’avoir eu du mal à écrire cette chronique (cela fait 15 jours que le fichier est ouvert…), j’ai aussi eu du mal à entrer dans cette histoire.
L’écriture de Madeleine Thien est très riche, avec beaucoup de détails, de noms, de voix et de fragments de mémoire. C’est passionnant, mais j’ai parfois eu du mal à m’accrocher.
J’avais l’impression d’être noyée sous les informations, sans toujours réussir à saisir pleinement l’importance de ce que le texte portait.
Je sentais pourtant que ce roman avait quelque chose d’essentiel à transmettre autour de l’Histoire de la Chine, de la mémoire, des silences et des voix qui traversent les générations. Mais je ne me suis pas toujours sentie « dans la confidence ». Comme si le roman me laissait parfois sur le seuil.
C’est un sentiment que j’ai déjà ressenti face à certains textes très denses. Je pense donc que je relirai peut-être ce livre un jour, avec plus de connaissances, plus de recul, et surtout plus de disponibilité mentale.
L’histoire : Marie, Ai-Ming et les traces du passé 📖
Le récit est porté par Marie, une jeune Canadienne d’origine chinoise.
À travers ses mots, elle trace et retrace l’histoire de sa famille, de ses origines, de son passé, mais aussi son lien avec Ai-Ming. Cette dernière a quitté la Chine en 1989, après les événements de la place Tian’anmen et leurs conséquences.
Marie tente alors de reconstituer, à travers des lettres, des échanges et des objets, le passé de la famille d’Ai-Ming.
Petit à petit, une réalité dure de l’Histoire de la Chine se dévoile. Le roman redonne ainsi une voix, une mémoire et une place à des vies traversées par les violences politiques, les silences familiaux et l’exil.
Une fresque dense entre Chine, mémoire et musique 🎼
Ce livre est très riche.
Riche par la plume de Madeleine Thien, par l’histoire qu’elle raconte, par les mémoires qu’elle fait remonter à la surface et par les échos qu’elle tisse entre les personnages.
Tout semble traversé par une multitude de connaissances, de poésie, d’amour, de silences et de sens enfouis.
C’est un roman qui demande de l’attention, parce qu’il ne livre pas tout immédiatement. Il avance par fragments, par voix, par souvenirs, comme une grande partition où chaque détail finit par trouver sa place.
« La lueur de la bougie effleurait chaque objet. Le serveur nous parlait avec bienveillance, comme si nous arrivions de très loin, d’un lieu où les mots attendaient leur écho. J’avais peur que mon enfance s’envole avant qu’il ne finisse sa phrase. »
Ce que le roman met en lumière : Histoire, silences et transmission 🕯️
Malgré cette difficulté à entrer pleinement dans le texte, cela reste un livre très riche et très intéressant.
Le roman met en lumière de grands moments de l’Histoire de la Chine, encore trop peu abordés dans les parcours scolaires français avant la fin du lycée. Pour ma part, je me souviens avoir découvert certains de ces événements seulement en terminale, vers 17 ans.
Oui, c’est encore une critique de l’éducation française. Mais ce cours d’histoire m’avait profondément marquée, parce qu’à part les événements de la place Tian’anmen, je n’avais presque jamais entendu parler du reste, ou je n’y avais pas vraiment prêté attention.
À travers le roman, il est question de la Révolution culturelle, du Grand Bond en avant, de la guerre civile chinoise, des silences imposés, des vies brisées et des mémoires transmises malgré tout.
Mon avis : un livre précieux, mais lu au mauvais moment 💭
Je n’ai pas trouvé énormément d’avis sur ce roman en ligne, mais vous pouvez jeter un œil à Babelio ou Booknode, où quelques retours permettent de se faire une idée plus large.
De mon côté, je pense que Nous qui n’étions rien peut parler aux personnes qui aiment les récits de mémoire, de traces et de reconstruction familiale.
Si vous avez aimé Madeleine Project, de Clara Beaudoux, Un goût de cannelle et d’espoir, de Sarah McCoy, ou encore l’écriture sensible et contemplative de Jean Hegland dans Dans la forêt, ce roman pourrait vraiment vous intéresser.
Pour ma part, je crois simplement que je l’ai lu au mauvais moment. Je sens que c’est un livre précieux, dense et important, mais je n’étais peut-être pas assez disponible pour l’accueillir pleinement.
« Si tu es enfermée dans une pièce et que personne ne vient te sauver, que fais-tu ? Tu frappes sur les murs, tu casses les fenêtres. Tu dois grimper, sortir de là et te sauver. Il est évident que pleurer n’a jamais aidé qui que ce soit à vivre… »
Remerciements : Babelio et les éditions Phébus 📚
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Phébus de m’avoir proposé de découvrir ce roman en service presse.
Même si ma lecture n’a pas toujours été facile, j’ai pu découvrir un livre précieux, dense et marquant, vers lequel je ne serais peut-être pas allée spontanément.
Merci aussi de m’avoir permis de découvrir cette maison d’édition, dont l’ouverture vers la littérature étrangère me semble vraiment intéressante ! ☺️
(Aussi : la couverture est magnifique!)
« Dans ses autocritiques, mon père parlait de son amour de la musique ainsi que de sa crainte d’être « incapable de surmonter son désir de bonheur personnel ». »


Ta chronique confirme l’impression que j’ai eu en découvrant le livre, un ouvrage intéressant, mais qui requiert une certaine attention et implication…
J’aimeAimé par 1 personne
J’ai un peu honte de le dire, mais je me suis clairement ennuyée…
Il y avait beaucoup trop d’informations à assimiler : la formation des mots en cantonais, les différences avec le mandarin, les événements historiques, la musique… et je n’ai pas pu profiter de l’histoire comme il se doit. 😅
Et puis, sur 544 pages, je n’avais pas la force de faire des recherches à chaque fois 😅
J’aimeAimé par 1 personne
Pas de honte à avoir, il y a des lectures plus exigeantes que d’autres 🙂 Et puis je dois t’avouer que j’avais reçu le mail de Babelio et que vu la complexité du sujet, je n’ai pas osé donner suite ayant peur d’être dépassée par le livre… Au moins toi, tu as essayé 🙂
J’aimeAimé par 1 personne
Oui, je sais bien, mais là, ce n’est pas vraiment une lecture perso, donc ça m’embête.
Et puis, ce n’est pas très agréable comme sensation. :’)
Oh, d’accord, haha, le « rassurement » !
J’aimeAimé par 1 personne
Oui toutes les lectures ne demandent pas autant d’attention apparemment ! Mais que la couverture est belle… et j’adore les citations que tu en ressors. Belle fin de semaine :*
J’aimeAimé par 1 personne
Oui, c’est dommage !
Carrément ! Et ce n’est que le protège-livre ! Il faudrait que j’ajoute une photo sans la protection : il y a un magnifique oiseau !! 🙂
La plume est très poétique, malgré la lourdeur…
Merci, de même !! 😀
J’aimeJ’aime