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Lab Girl de Hope Jahren : grandir parmi les arbres, les labos et les doutes đŸŒż

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Ce livre aborde la précarité de la recherche scientifique, le sexisme dans les milieux académiques, la pression professionnelle, la santé mentale, la solitude, la difficulté à trouver des financements et les bouleversements liés au parcours de vie.

Rien n’est traitĂ© de maniĂšre voyeuriste, mais certains passages peuvent rĂ©sonner fortement chez les personnes concernĂ©es par l’épuisement, les troubles psychiques ou le sentiment de devoir sans cesse prouver sa place.

Lab Girl est une multitude. Il est le tĂ©moignage autobiographique, intime et passionnĂ© d’une femme qui s’est battue pour devenir ce qu’elle est, et parvenir Ă  s’imposer dans un milieu dominĂ© par les hommes. Il est une cĂ©lĂ©bration du gĂ©nie vĂ©gĂ©tal, du sol et de la nature qui changera Ă  jamais votre façon de voir le monde. Il est enfin le portrait sensible et Ă©mouvant d’une amitiĂ© indĂ©fectible.

Lab Girl est le premier livre de la gĂ©obiologiste Hope Jahren. Nous la suivons depuis son enfance dans le Minnesota et ses premiers jeux dans le laboratoire de son pĂšre jusqu’Ă  ses voyages sur le terrain, Ă  travers les États-Unis, la NorvĂšge et l’Irlande, accompagnĂ©e de Bill, son fidĂšle et brillant collĂšgue. Les histoires qu’elle nous raconte sont une ode Ă  la curiositĂ©, Ă  l’humilitĂ© et Ă  la passion et autant de preuves que le travail et l’amour peuvent dĂ©placer des montagnes.

Lab Girl est une incitation Ă  devenir maĂźtre de sa vie et Ă  dĂ©couvrir qui l’on est vraiment, ainsi qu’un plaidoyer pour la protection de notre environnement. ViscĂ©rale, lumineuse et souvent drĂŽle, Hope Jahren nous invite Ă  l’observation. Avec les yeux, mais aussi avec les mains et le cƓur.

Hope Jahren est une gĂ©ochimiste et gĂ©obiologiste amĂ©ricaine. Elle est notamment connue pour ses recherches autour des plantes, des sols, des isotopes stables et des forĂȘts anciennes.

Lab Girl est son premier livre. Il mĂȘle rĂ©cit autobiographique, vulgarisation scientifique, souvenirs de terrain, rĂ©flexions sur la recherche et portrait d’une femme qui a dĂ» se battre pour se crĂ©er une place dans un milieu scientifique encore trĂšs masculin.

Le livre parle de science, mais pas seulement. Il parle aussi de vocation, d’amitiĂ©, de persĂ©vĂ©rance, de prĂ©caritĂ©, de sexisme, de santĂ© mentale, de fatigue, de joie, d’arbres, de graines, de laboratoires et de tout ce qui pousse parfois lentement, mais profondĂ©ment.

Le livre est composĂ© en trois grandes parties : racines et feuilles, bois et nƓuds, fleurs et fruits.

Ces trois parties rappellent les Ă©tapes de croissance d’une plante, mais aussi les grandes phases d’une vie. En suivant le dĂ©veloppement d’un arbre, le lectorat dĂ©couvre le parcours d’une femme. Biologie et littĂ©rature forment ici une trĂšs belle mĂ©taphore vĂ©gĂ©tale.

Au dĂ©but, tout est calme, presque trop calme. L’environnement de Hope Jahren est silencieux, ses parents parlent peu, sa maison semble contenue. Le laboratoire de son pĂšre devient alors un lieu Ă  part, un espace de curiositĂ©, d’observation et de libertĂ©.

En grandissant, elle dĂ©veloppe une passion profonde pour la science. De l’enfance Ă  l’adolescence, elle passe du temps dans les laboratoires, Ă©tudie, observe, expĂ©rimente. Et cette trajectoire se poursuit longtemps : elle grandit dans les labos, puis elle cherche Ă  y faire sa place. Petit Ă  petit.

Au fil de la lecture, Hope Jahren apparaßt comme une personne captivante. Elle réussit à exprimer son amour pour la science et pour la nature avec beaucoup de sensibilité, de franchise et de simplicité.

Ce que j’ai trouvĂ© particuliĂšrement beau, c’est sa maniĂšre de rendre le monde scientifique accessible sans le simplifier Ă  l’excĂšs. Les explications sont claires, les mĂ©taphores sont belles, et les passages sur les arbres, les feuilles, les graines ou les racines donnent envie de regarder le vivant autrement.

L’univers scientifique peut parfois sembler froid, plat ou inaccessible depuis l’extĂ©rieur. Ici, il devient poĂ©tique, concret, drĂŽle, parfois mĂȘme trĂšs intime.

Hope Jahren ne parle pas de la science comme d’un bloc abstrait. Elle parle des gestes, des Ă©chantillons, des erreurs, des dĂ©couvertes, des financements impossibles, des heures passĂ©es au laboratoire, des doutes et de l’acharnement nĂ©cessaire pour continuer.

Ce livre montre aussi une rĂ©alitĂ© souvent moins visible : faire de la recherche, ce n’est pas seulement avoir de grandes idĂ©es, aimer comprendre le monde ou publier des articles scientifiques.

C’est aussi chercher des financements, remplir des dossiers, dĂ©fendre un projet, convaincre, recommencer, perdre du temps, manquer d’argent, tenir un laboratoire Ă  bout de bras et parfois vivre dans une insĂ©curitĂ© professionnelle assez violente.

J’ai trouvĂ© cet aspect trĂšs intĂ©ressant, parce qu’il casse un peu l’image romantique de la science pure, dĂ©tachĂ©e du reste du monde. La recherche a besoin de curiositĂ©, de patience et d’intelligence, oui. Mais elle dĂ©pend aussi de budgets, d’institutions, de rapports de pouvoir, de reconnaissance et de conditions matĂ©rielles trĂšs concrĂštes.

Et c’est peut-ĂȘtre lĂ  que Lab Girl devient encore plus fort : le livre ne retire rien Ă  la beautĂ© de la recherche, mais il montre aussi ce qu’elle coĂ»te.

L’un des grands fils du livre, c’est Ă©videmment la relation entre Hope Jahren et Bill.

Bill est son collĂšgue, son partenaire de laboratoire, son ami, son alliĂ©, parfois presque une sorte de double Ă©trange. Leur relation est difficile Ă  rĂ©sumer, parce qu’elle dĂ©passe les cadres habituels : ce n’est pas une romance, ce n’est pas seulement une collaboration professionnelle, ce n’est pas non plus une simple amitiĂ© de passage.

C’est une relation de loyautĂ©, de travail, de confiance, de galĂšres partagĂ©es et d’attachement profond.

J’ai beaucoup aimĂ© cette dimension du livre. Elle donne au rĂ©cit une chaleur particuliĂšre. Dans un milieu difficile, compĂ©titif, parfois injuste, Hope Jahren et Bill construisent un espace Ă  eux : un laboratoire, mais aussi une forme de refuge.

Lab Girl parle aussi de la place des femmes dans les sciences.

Hope Jahren raconte un parcours marquĂ© par la passion, mais aussi par les obstacles. Se faire une place dans un milieu scientifique majoritairement masculin demande de l’énergie, de la lĂ©gitimitĂ©, de la persĂ©vĂ©rance, et parfois une rĂ©sistance que les hommes n’ont pas toujours Ă  fournir de la mĂȘme maniĂšre.

Le livre montre bien cette tension : aimer profondĂ©ment la science, tout en devant affronter les rapports de pouvoir, les discriminations, la difficultĂ© Ă  ĂȘtre prise au sĂ©rieux ou Ă  obtenir les mĂȘmes moyens que d’autres.

C’est un aspect qui m’a beaucoup touchĂ©e. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de dire : « les femmes peuvent ĂȘtre scientifiques ». Bien sĂ»r qu’elles le peuvent. Le vrai sujet, c’est plutĂŽt : dans quelles conditions ? Avec quels soutiens ? Avec quelle reconnaissance ? Et Ă  quel prix ?

Ce que j’aime dans Lab Girl, c’est que le livre cĂ©lĂšbre le vivant sans tomber dans une vision trop lisse ou dĂ©corative de la nature.

Les plantes ne sont pas seulement jolies. Elles survivent, s’adaptent, attendent, Ă©chouent, recommencent, colonisent, rĂ©sistent, meurent, repoussent parfois. Elles existent dans des conditions concrĂštes : sols, eau, lumiĂšre, climat, concurrence, hasard.

Le livre donne envie de regarder les arbres autrement. Une graine n’est plus seulement une graine. Une feuille n’est plus seulement une feuille. Une racine devient une stratĂ©gie, une patience, une mĂ©moire, une tentative.

En tant que personne passionnĂ©e par la biologie vĂ©gĂ©tale, j’ai forcĂ©ment Ă©tĂ© sensible Ă  cette maniĂšre de raconter le monde. Hope Jahren donne une profondeur presque littĂ©raire Ă  des phĂ©nomĂšnes scientifiques, sans enlever leur rĂ©alitĂ© matĂ©rielle.

Ce livre m’a fait penser, d’une certaine maniĂšre, Ă  Dans la forĂȘt de Jean Hegland.

Le roman de Jean Hegland appartient plutĂŽt Ă  la science-fiction post-apocalyptique, mais il interroge aussi notre rapport au vivant, Ă  l’autonomie, Ă  la connaissance, au corps, Ă  la sociĂ©tĂ© et Ă  ce qu’il reste lorsque les structures habituelles s’effondrent.

Avec Lab Girl, la dĂ©marche est diffĂ©rente, puisqu’il s’agit d’un rĂ©cit autobiographique et scientifique. Pourtant, dans les deux cas, il y a cette impression de lire un texte trĂšs intime, profondĂ©ment liĂ© Ă  la nature, Ă  la survie, Ă  l’apprentissage et Ă  la place que chacun·e peut trouver dans le monde.

Les deux textes ne racontent pas la mĂȘme chose, mais ils m’ont donnĂ© une sensation proche : celle d’une lecture Ă  la fois sensible, intelligente et profondĂ©ment tournĂ©e vers le vivant.

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Il y a cet article du journal The Guardian qui rend encore plus admiratif envers Hope Jahren : Lab Girl: A Story of Trees, Science and Love by Hope Jahren – review

Ses sujets d’études sont drĂŽlement intĂ©ressants, je vous invite Ă  aller voir sur researchgate.net afin de voir ce qu’elle fait c’est impressionnant ! (https://www.jstor.org/action/doBasicSearch?Query=hope+jahren&filter=)

Une chronique que j’ai beaucoup aimé : celle de du blog Girl about library  et sa vidĂ©o qui va avec 😊 (la joie dans sa voix, ses mots et ses yeux quand elle parle de ce livre
 c’est trop bien ^^) http://girlaboutlibrary.blogspot.com/2017/12/top-5-quotes-from-lab-girl-by-hope.html

La bande-annonce du livre est aussi toute douce :

Au dĂ©but de ma lecture, j’ai eu beaucoup de mal Ă  m’immerger.

C’est peut-ĂȘtre dĂ» Ă  la sortie d’une pĂ©riode de non-lecture, ou au fait que le livre prend son temps pour dĂ©marrer. Comme une graine. Oui, comme une graine.

J’ai eu peur que l’action ne commence jamais. J’ai relu la couverture : normalement, ce livre devait forcĂ©ment me plaire. J’étudiais la biologie, plus particuliĂšrement le vĂ©gĂ©tal, et j’étais aussi passionnĂ©e de lecture. Il devait me plaire.

Et pourtant, les trente premiĂšres pages m’ont semblĂ© longues.

Je ne peux pas dire que je n’aimais pas. Les descriptions Ă©taient familiĂšres, son univers me parlait, les thĂšmes m’intĂ©ressaient. Mais tout me semblait trop lent. Trop calme.

Puis, aprĂšs quelques pages, il a dĂ» se passer un petit miracle.

Il manquait juste ce petit élément qui rend les personnes plus sensibles, plus réelles, plus compréhensibles : les sentiments.

AprĂšs la rencontre avec l’épicĂ©a bleu, j’ai dĂ©vorĂ© ce livre.

Lab Girl, ce n’est pas seulement de la science. Ce n’est pas seulement de la littĂ©rature non plus. C’est l’histoire d’une vie, et toute vie, qu’elle soit animale ou vĂ©gĂ©tale, est Ă  la fois alĂ©atoire, fragile, complexe et fascinante.

C’est brillant.

J’ai adorĂ© ce livre, et je ne peux que le recommander ! 💚

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Quanto pour cette lecture !

MalgrĂ© mon grand retard dans la publication de cette chronique, j’ai pris un immense plaisir Ă  lire ce livre, puis Ă  en parler !

5 rĂ©flexions au sujet de “Lab Girl de Hope Jahren : grandir parmi les arbres, les labos et les doutes đŸŒż”

  1. Tu m’as donner envie de le lire mĂȘme si je ne suis pas une grande lectrice.
    Il dĂ©jĂ  que la couverture me donne envie mais avec ton article …
    Tu la emprunter ? Si tu la tu pourrai me le prĂȘter?

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